ACTE II, SCENE VI
Cette femme, seigneur, vous est-elle connue?
CHRISTIERNE.
C'pst, si! m'en souvient bien, la suivante éperdue Qui, le jour qu'en ces lieux je portois le ti'épas, Soutenoit la princesse, expirante eu ses bras.
RODOLPHE
c'est votre véritable et mortelle ennemie. Seigneur, Adélaïde est par elle affermie Dans les ressentiments qu'elle fait éclater. J'ai surpris des discours à n'en jwuvoir douter. Je dis plus ; je la crois tout autre qu'où ne pense. Ce qu'elle est se démêle à travers l'apparence; Et tout sou air dénonce , à l'orgueil qu'on y lit, Quelqu'un bien au-dessi!s du rang qui l'avilit. En tout ceci daignez souffrir que je vous guide. Séparons Léonor d'avec Adélaïde.
CHRISTIEP. NE
Ayant à la fléchir, ce sera l'irriter.
S'importe, ton avis n'est pas à rejeter:
Use, en homme éclairé, de ton zélé ordinaire.
Observe-les de près ; et , s'il est nécessaire ,
Pour peu que tes soupçons pénétrent plus avant.
Tu peux les séparer. Va... ^Mais auparavant,
A quelque grand péril qu'un prompt hymen expose ,
Vole au temple ; que tout pour demain s'y dispose.
Prévieus-en de ma part la tille de Sténon.
De l'époux seulement laisse ignorer le nom.
C'est au [lied de l'autel où je dois la conduire,
Qu'en monarque absolu je prétends l'en instruire.
RODOLPHE
Vous pouvez tout, seigneur. Si pourtant... CHRISTIERNE, l'interrompant.
Plus d'avis.
Ni de retardements. Je le veux; obéis.