SCÈNE IV
KODOLPHE, ADÉLAÏDE, I.ÉOMOK.
(lODOLPHF, , à ^Idélaide , dont il a eutcndu les drnicrs mots.
Non, madame ; le roi veut faire désormais A la sévérité succéder les l)ient'aits.
En ce jour, où tout jirend une paisible face , Il veut que le passé se répare et s'efface; Qu'avec la liberté vous repreniez vos droits, Et que votre bonheur couronne ses exploits. La garde qui vous suit n'est déjà plus la sienne : Ce palais reconnoît en vous sa souveraine. Commandez-y, madame ; et remiilissez un rany Où la vertu vous place, encor plus que le sang.
ADÉLAÏDE
Si ton maître est touché des pleurs qu'il faif répandre Si d'un tel bienfaiteur mon bonheur peut dépendre. Si tout dans ce palais se doit assujettir. Si j'y c(uiimande enfin, qu'on m'en laisse sortir : Trop d'horreur est mêlée à l'air qui s'y respire. H est d'affreux climats qui bornent cet empire ; \y,i nature y lan(jnit loin de l'astre du jour : Mon repos, mon bonheur est là ; c'est le séjour. L'asile et le palais qu'on demande à ton maître. Et non des lieux souillés du saiij qui m'a fait naître. Qu'il daifjne'en ces tléserts me faire abandoinier; Loin de lui je consens à lui tout panlonuer.
ACTK m, SCÈNI:: IV. ,65
UODOL PH E.
Madame, il faut s'armer d'un jilus noble courage. Que jjarlez-vous d'aller, dans un climat sauvage, D'un peuple qui vous aime ensevelir l'espoir? Faites céder pour lui la tristesse au devoir; Faites céder pour vous la foiblesse à la gloire. On dépose à vos pieds les fruits de la victoire : Votre père n'eût eu qu'un sceptre à vous laisser; Dans un rang trop commun c'étoit vous abaisser. [-a l'ortune se sert de votre malheur même, l'our vous ceindre le Front d'un triple iliademe; Mais c'est en exigeant le don de votre main, Madame, et les autels sont parés pour demain.
IU\ nos persécuteurs le ministre barbare