I.eiir a-t-il inspiré l'ordre qu'il nous déclare
Ou peut-il ignorer, s'il ne fait qu'obéir,
Qu'obéir aux tyrans, souvent c'est les trahir?
Parlons à cu'ur ouvert, et laissez l'insolence
Qui sous un beau semblant masque la violence.
L'usurpateur a mis le comble à ses forfaits :
De leur fruit dangereux il veut jouir en (laix;
l'.t riiyuK^i qu'il ojipose à la haine publicjne.
De ses pareils toujours fonda la iiolitique.
Mais quel temps choisit-il pour en former les nœuds?
Qu'il soit ])r(ulent, du moins, s'il n'est pas généreux.
Qu'insultant làchenumt aux pleurs de la princesse,
Toute pudeur en lui, toute humanité cesse;
Hravera-t-il un peuple encor mal asservi,
Idolâtre d un sang dont on s'est assou\ i,
i66 GUSTAVE-WASA.
Qui, pour premier trophée, à cette hoi'rible tête.
De Gustave égorgé verra porter la tète?
Que ces restes sanglants, uos cris, notre fureur.
Soient au Néron du Nord îles sources de terreur!
RODOLPHE
Réprimez, Léonor , une audace inutile ;
Du vainqueur à jamais le pouvoir est tranquille;
Et du vaincu la tête exposée eu ces lieux
N'y doit épouvanter que les séditieux.
LÉONOR, à part.
Ciel vengeur! se peut-il que; ta justice endure D'un semblable vaincu le malheur et l'injure !
(à Rodolphe. ) De ceux qu'on assassine est-ce donc là le nom? Téméraire ! en nommant le gendre de Sténou , Respecte d'un héros l'auguste caractère , Sur-tout en adressant la parole à sa mère.
RODOLPHE
Vous sa mère?
ADÉLAÏDE, à Léonor.
Il manquoit cette horreur à mon sort : Vous avez prononcé l'arrêt de votre mort.
RODOLPHE
Non , mailame; le roi ne cherchant qu'à vous plaire. Je réponds de ses jours, dès qu'elle vous est chère. Elle vivra. Souffrez seulenieiit qu'on ait soin D'écarter de l'autel un sendjlable témoin ; Et que, pour contenir la douleur qui l'égaré, D'avec vous, aujourd'hui, mou devoir la sépare.