‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Du Vaure, et PironChapitre 139 sur 242 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

<;U.STAVE, ADÉLAÏDE, .SOPHIE.

GUSTAVE

Ma mère, je le vois, n'a plus que moi jiour elle !

{// veut sortir. ) ADÉLAÏDE, l'arrêtant.

Ah! prince, où courez-vous?

2o8 GUSTAVE-VVASA.

OUSTA V E.

OÙ le devoir m'aiipelle.

ADÉ LAÏDE.

Insensé! le devoir te fait-il une loi

De périr sans sauver ni ta mère ni moi?

Penses-tu qu'à son fils elle veuille survivre.

Qu'en tous Hl'ux ton épouse hésite de te suivre,

Qu'il me reste un refuge ailleurs que dans tes bras,

Et qu'en m'abandonnant tu ne me livres pas?

Que deviens-je, s'il faut que ton sang se répande?

Qui veux-tu, si tu meurs, cruel , qui me défende

Contre les attentats d'un mortel ennemi.

Plein du projet fatal dont ton cœur a frémi?

s'il s'endurcit déjà contre une telle image ,

.Si, courant au trépas, tu crains peu qu'on m'outrage,

Respecte ta patrie, et daigne au moins songer

Aux maux où par ta mort tu vas la replonger.

Ta valeur n'aura fait qu'accroître nos misères.

La cruauté sans frein brisera ses barrières,

Et , jointe à la vengeance , aura bientôt versé

Le peu de sang qu'ici ses excès ont laissé.

Amant peu tendre, appui téméraire et fragile,

Pernicieux vainqueur et victime inutile.

Va perdre, n'écoutant qu'un aveugle transport,

Ta reine, ton pays, ta victoire, et ta mort.

GUSTAVE

Je serai, si l'on veut, un appui misérable,

Uue aveugle victime, un vainqueur condamnable.

D'un re(;rct volontaire ini amant déchiré;

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