‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Du Vaure, et PironChapitre 140 sur 242 · ACTE V, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV

Mais je ne serai point un fils dénaturé. Ma vie, appartenant ;i qui me l'a donnée. De remords éternels seroit empoisonnée, Si, Faute de l'offrir, l'oubli de mon devoir Laissoit tomber un coup que j'aurois dû prévoir. Que ma mère pour moi voit levé sur sa tête, Que même à partager votre amitié s'apprête. Qui, dans l'attente enfin d'un échange odieux. Des deux peuples sur moi fixe à présent les yeux. Justice, amour, honneur, tout veut que je me livre. Madame , encouragez ma mère à me survivre; Pour recevoir ses pleurs ouvrez-lui votre sein : Soyez-vous l'une à l'autre une ressource; enfin, Pour .'"'tockholm et pour vous, cessez d'être alarmée. Je vous laisse au milieu d'un peuple, d'une armée Dont ma victoire a fait d'invincibles remparts... Mon cceur est pénétré de vos tristes regards; L'amour me fait sentir tout le prix de la vie; Mais j'aurai délivré ma mère et ma patrie. Je vous aurai laissée au troue en vous quittant: Mourant si glorieux, je dois mourir content. Du plus lâche abandon déjà l'on me soiijiçonne : Sous le fer menaçant la victime frissonne; Et chaque instant qu'ici j'accorde à mon amour, C'est la mort que je donne à qui je dois le jour...

[à Sophie , en lui montrant Adélaïde.) Adieu... Retenez-la.

ADÉLAÏDE

Vainement on l'espère.

2IO GUSTAVE-VVASA.

GUSTAVE

th ! que preteuJez-voiis? Laisser périr ma mère ?

ADÉLAÏDE

Non; uiais t'accompagnaiit, je veux...

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