ACTE V, SCÈNE IV
Ce sera de l'exquis; c'est moi qui le promets, Et je defierois bieu la cabale d'y mordre.
M. BA LI VE A U
Parlez. Aurai-je enfin, n'aurai-je pas mon ordre?
Eh ! tranquillisez-vous. Soyez sur de l'avoir. Oui , vous serez content, ce soir même, ce soir: C'est le terme qu'il prend. Votre affaire est certaine, Et tenez, son retour va vous tirer de peine; Car je gagerois bien que, tout en badinant, L'ordre est dans le paquet qu'il ouvre maintenant.
M. BALIVEAU
Qu'il ouvre maintenant! qui?
M. FRANCALEU.
Celui qui nous quitte.
M. BALIVEAU
Plaît-il?
M. FRANCALEU.
Êtes-vous sourd? Cet honnne de mérite.
M. B ALI VEA u.
Monsieur de l'Empyrée?
M. FRANCALEU.
Et qui donc?
M. BALIVEAU
Quoi ? c'est lui Dont le zélé, pour moi, sollicite aujourdhui?
M. FRANCALEU.
Lui-même. Il a trouvé que vous jouiez en maître; Et votre admirateur, autant que l'on doit l'être. Il veut vous enrôler, pour un mois, parmi nou.«.
338 LA METROMANIE.
Moi, le voyant d'humeur à tout faire pour vous, J'ai dû le mettre au fait de ce qui vous intrigue , Et des égarements de votre enfant prodigue. Il a, sur cette affaire, obligeamment pris feu. Comme si c'eût été la sienne propre.
M. BALIVEAU
Adieu.
M. FR ANCALEU , /V/JTCtnnt.
Comment donc ?
M. BAI. I VEAU
Vous avez opéré des prodiges.
M. F RANG AL EU
Monsieur le capitoul , vous avez des vertiges.
M. BALIV EAU.
Eh! c'est vous qui, plutôt que mon neveu cent fois Mériteriez... Je suis le moins sensé des trois. Serviteur.
M. FR ANCALEU.
Mais encore, entre amis l'on s'explique. Ne pourroit-on savoir quelle mouche vous pique? Quoi? lorsque nous tenons...
M. BALIVEAU
Non, nous ne tenons rien.
Puisqu'il faut vous le dire; et cet homme de bien, Au mérite de qui vous êtes si sensible, Est le pendard à qui j'en veux.
M. F R ANCALEU.
Est-il possible?
M. BALIVEAU
Le voilà. Maintenant, soyez émerveillé