GUSTAVE, CASIMIR
CASIMIR, à part.
Devrois-je d'un défi favoriser le traître?
( à Gustmie, en mettant l'épée à la main.) Monstre souillé du sang de mon auguste maître, Evite, si tu peux, le pi'ril que tu cours : Je ne t'imite point, lâche! défends tes jours.
G0STAVE.
Arrête, ouvre les yeux, Casimir; envisage L'ennemi qui t'aborde , et que ton zélé outrage. Cet accueil pour Gustave est un accueil bien doux !
c A s m I R , .«r jetant à ses (jenoii.v. Que vois-je? quel prodige!... .\li! seigneur, est-ce vous,
i44 GUSTAVE-WASA.
Vous de qui la Suéde a pleuré la disgrâce?
GUSTAVE, le relevant.
Parlons bas. Léve-toi, Casimir, et m'embrasse. Je saurai dignement récompenser ta foi.
CASIM I li.
Moi-même , dans vos bras , à peine je m'en croi !... Ma surprise est égale à ma frayeur extrême. Vous vivant! vous ici! vous dans le palais même D'un barbare qui va par-tout , l'or à la main , Mendier contre vous le fer d'un assassin !
GUSTAVE
Je connois Christieme, et sais où je m'expose; Sois tranquille ; j'espère encor plus que je n'ose. En vain la barbarie habite ce s(jour.
Cher ami , si pour moi j'y retrouve l'amour. Plus avant que jamais rentre en ma confidence... Mais se peut-on parler ici sans imprudence !
CASIMIR
Cet endroit du palais est le plus assuré. De tous ses courtisans Christieme entouré Ne revient pas sitôt d'avec Adélaïde.
GUSTAVE
Avant tout autre .soin , rassure un feu timide Qui de dix ans d'absence a lieu d'être alarmé. Le fidèle Gustave est-il encore aimé?
C ASI MIR
Ose-t-il soupçonner la foi de la princesse ?
GUSTAVE
Sur le bruit de mu mort, libre de sa promes.se, N'eût-elle pas laissé dispo.ser de sa main?