‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Du Vaure, et PironChapitre 95 sur 242 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

Il ne me tant pas moins de coarage et d'adresse. Que personne, du moins tel est le brait public, Ne la voit, ne lui parle, excepté Frédéric, Ami , j'y réfléchis : dis-moi , comment t'en croire? Sur quoi l'assures-tu fidèle à ma mémoire?

CASIMIR

Sur ce que Frédéric lui-même a laissé voir.

Sur sa pitié pour elle, et sur son désespoir.

N'en cherchez pas, seiçneur, de preuve plus solide.

Son désespoir nous peint celui d'Adélaïde.

Quoique amant maltraité , son cœur compatissant

N'a de maux et d ennuis que ceux qu'elle ressent.

Et ne m'alléguez pas que peut-être il m'abuse :

Il s'emporte, il menace, il vous plaint, il s'accuse.

Du tvran qui le sert il déteste l'appui :

Ses prétentions même ont cessé d'aujourd'hui;

D'aujourd'hui comme un crime U regarde sa flamme.

GUSTAVE

Voilà pour un ri\ al bien de la grandeur d'ame !

CASl MIR.

Et c'est ce que je vois de plus flatteur pour vous: Plus le rival est grand, plus le triomphe est doux.

GUSTAVE

J'aimerois mieux une ame et moins noble et moins tendre. Moins Frédéric prétend, plus il eût pu prétendre. Que n'eût pu sa vertu sur un cœur vertueux? Je serois bien injuste et bieu présomptueux, ."^i le ciel aujourd'hui vouioit cpie je périsse, D'exiger ou d'attendre un si grand sacrifice! La mon rompt tous les nœuds qui peuvent nous Uer.

i5o GUSTAVE- VVASA.

On l'estime ; on l'eût plaint : il m'eût lait oublier. Déjà , peut-être... Mais mes yeux vont m'en instruire. Un plus long entretien, ami, nous pourroit nuire. .Sors ; je cours te rejoindre au sortir de ces lieux. Apprendre ù nos amis à te connoître mieux, Te redonner entre eux le rang que tu mérites, Concerter notre marche , en mesurer les suites , Et l'indiquer, en cas de revers imprévus, Les moyens d'y pourvoir, et de n'en craindre plus.

( Casimir sort. )

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