ACTE II, SCENE II
Le trouble de mon cœur m'en apprend davantage. Quoi ! cet hymen si doux , si cher à nos souhaits , Seroit donc traversé par vos propres sujets? Je voulois les combler et de biens et de gloire ; Ils veulent donc ma mort?
ÉNÉE
Non , je ne puis le croire.
Enchantés du repos que vous leur assurez. Ils vous verront, madame, et vous triompherez. Mon cœur qui s'attendrit souffre à regret l'idée Du trouble dont votre ame est déjà possédée... Je vous quitte : il est temps d'instruire les Troyens Du nœud qui les unit aux soldats tyriens. Mais dût le ciel lui-même, inspirant ses ministres, Ne m'annoncer ici que des ordres sinistres, Ni les dieux offensés ni le destin jaloux Ne m'ôteront l'amour dont je brvile pour vous.
[Il son.)