SCÈNE VIII U
L€CIKnE.
Quel oracle? Que veut-il tlire?
Là FÉE.
Avez-vous de'ja oublie que l'oiseau petit-maître répète au hasard sans seutiment et sans raison ce qu'il a entendu chanter?
LUCIXDE, d un ton piqué.
Oui, madame^ je l'avois presque oublie: mais vous auriez été bien fâchée de ne nj'en pas faire ressouvenir. Eh bien?
LA FÉE
Elh bien?
LUCIRDE.
Pourquoi ne chante-t-il plus?
LA FÉK.
Parce qu'apparemment on ne lui en a pas appris davantage. Il me semble que vous devez être bien contente ; et je suis sure que votre perroquet ne vous en a jamais tant dit.
LVCINDE-
Mon perroquet? Toujours mon perroquet! Vous ne faites ces comparaisons que pour tâcher de donner du ridicule au penchant qu'il m'inspire.
LA FÉE
Et vous, mademoiselle, vous ne faites que
gronder. Vous avez bien de 1 humeur aujourd'hui.
LUCISDE.
Qui n'en auroit pas? Car entîn regardez-le , regardez-le bien. 3S'est-il pas cruel qu'il ne puisse connoître combien je l'aime?
ALCi>'DOR, bas h la Fee, qui lui ferme la bouche ^ lui fait des signes, et le retient pendant cette scène.
L'oracle est accompli , je veux répondre.
LUC IN DE
Que son insensibihtë m affligei a de tois dans le jour!
L A FÉt.
Il est vrai, croyez-moi, chassez-le de ces lieux et de votre souvenir.
L UCINDE.
Le chasser! chasser Charmant! me priver de sa vue î O ciel !
LA FÉE
Eh bien ! qu il reste donc ; et amusez-vous à lui apprendre des vers et des chansons que vous lui ferez répéter tant que les jours dureront.