‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Saintfoix, Gresset, et BretChapitre 19 sur 144 · LUC 15 DE · texte numérisé non relu

LUC 15 DE

Ma chère Lucinde!

ALCIÎÏDOR.

Ma chère Lucinde!

LUCISDE.

Je vous aime.

ALC15DOR, 5e (iébarassant de la Fée ^ qui veut encore f arrêter^ et se jetant aux genoux de Lucinde.

Oui , je vous aime , je vous adore. II n'est point de tenues qui puissent exprimer mon amour. Lucinde!... ma charmante Lncinde!... tpie de choses à dire! et cependant je ne puis que dire mille fois. Je vous aime.

LCCI>DE.

Ah! ma bonne, il parle tout seul : ce ne Sont point là des chansons.

LA FÉE

Vous voTM que votre première leçon l'a bien avancé.

ALCiifnon.

ISe cherchez point , madame, à prolon^jerson erreiw. L'oracle est accompli ; et je puis enfin lui montrer toute la reconuoissance et tout l'amour dont mon cœur est pénétré.

Vous avez donc un cœur tendre et reconnoissant? Pourquoi me le cachiez-vous?

ALCINDOR

Forcé par un oracle funeste, il falloit que je parusse insensible. Me reprocheriez-vous l'erreur où je vous ai jetée , lorsque l'intérêt de mon amour m'en faisoit une nécessité?

LtrCIIîDE.

Ah ! puis-je vous la reprocher, lorsqu'elle n'a servi qu'à mieux faire éclater mes sentiments pour vous?

ALCINDOR

Ma chère maîtresse !

Levez-vous.

LA FÉE

Allons, mes enfants, l'oracle est accompli; qu'un heureux hymen vous unisse : je vais vous transporter au milieu d'un peuple dont la politesse, le goût, et la gloire, font l'émulation de toutes les autres nations. Après avoir été amant sourd, muet, et insensible, soyez-y, Alcindor,

I époux empressé, tendre, et complaisant : ce sera

I le contraste des mœurs du temps.

DIVEHTISSEMFNT.

Reten«2 bien, jeunes amants.

Ces ré{;lesinfaillil)|es:

Si %ous \oulez être charmant* .

Paroissez )>eudant quelque temps

Sourds, muets, insensibles.

Pour sui\ re ces sages décrets , Il nest [>as besoin des a|»|>réfs De la féerie et du miracle :

Soyez tendres, soyez discrets ;

Cest le sens de loracle.

Retenez bien , jeunes amants ,

Ces règles infaillibles; Si vous voulez être channauts, Paroissez pendant quelque temps

Sourds, muets, insensibles.

De Totre amour, de vos soupirs.

Au seul objet de vos désirs Pro'Jiguez le charmant spectacle :

Joignez le mystère aux plaisirs;

C'est le sens tle l'oracle.

L'Amour vous tend, objeU charmants.

Des pièces invincibles ; Pour fuir les perfides amants, ParoLssez a tous leurs serments

Sourds, muets, insensibles.

Mais après ces sages combats , Aux cœurs tendres et délicats N'opposez point d injuste obstacle Éprouvez,, ne rebutez pas ; C'est le sens de l'oracle.

FIN DE LORACLE.

COMÉDIE EX CINQ ACTES, j

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