ACTE 11, SCKNE I
Quaml je vous crois lo^ïé , j'y ciimpte , je rae lie Aux femmue* de madame, et je fais leur partie; J'ose même a\anrer que je vous f.iis honneur: Point du tout, on vous chasse, et votre serviteur. Je ne puis plus souffrir cette humeur va(;aLNJude, Kt \ous ferez tout seul le voyage du monde. Moi, j'aime ici, j'y reite.
Et quels sont les apjias.
L'heureux objet...?
Parhieuî ne vous en moquez pas; Lisette vaut, je cmis, la i>eine qu'on s'arrête; Et je veux l'épouser.
ClÉON.
Tu serois assez béte Pour te marier, toi î Ton amour, ton dessein , N'ont pas le sens commun.
Il faut faire «ne (in; Et ma vocation est d'épouser Lisette :
J'aimois assez Marton, et Nérine, et Finette, Mais quinze jours chacune, ou toutes à-la-fois: Mon amour le plus lon|j n'a point passé le mois. Mais ce n'est plus cela , tout autre amour m'ennuie ; Je suis fou de Lisette, et j'en ai pfiur la vie.
"* CLÉON
Quoi î tu veux te mêler aussi de sentiment?
F R o N 1 1 > Comme un ;mtre.
CLÉON
Le fat ! Aime moins tristement.
Pasqnin , l'Olive, et cent d'amour aussi fidèle , L'ont aimée avant toi , mais sans se charger d'elle : Pourquoi veux-tu payer pour tes prédécesseurs? Fais de même : aucun d'eux n'est mort de ses rigueurs.
FRONT IX
Vous la counoissez mal , c'est une fille sage.
CLÉON
Oui, comme elles le sont.
Oh! monsieur, ce langage Nous brouillera tous deux.
clÉon, après un momenl de silence.
Eh bien , écoute-moi.
Tu me conviens, je t'aime; et, si l'on \eut de toi, J'emploierai tous mes soins pour t'unir à Lisette; Soit ici, soit ailleurs , c'est une affaire faite.
Monsieur, vous m'enchantez.
CLÉON
Ne va point nous trahir.
Vois si Valère arrive , et reviens m' avertir.