‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Saintfoix, Gresset, et BretChapitre 57 sur 144 · CLÉON, GÉRONTE, VALÈRE · texte numérisé non relu

CLÉON, GÉRONTE, VALÈRE

CLÉON

Ne suis-je pas de trop?

GÉRO.NTE.

Non, non, mon cher Cieon; Venez, et partagez ma satisfaction.

CLEO.

Je ne pouvois trop tôt renouer conuoissance Avec monsieur

VALÈRE

J'avois la même impatience.

CLÉON, bas à Valère.

Comment va?...

VALÈRE, bas à Cléon.

Patience.

GÉRONTE, à Cléon.

Il est complimenteur,

C'est un défaut.

CLÉON

Sans doute ; il ne faut que le cœur.

GÉRONTE

J'avois grande raison de prédire à ta mère Que tu serois bien fait, noblement , sûr de plaire; Je m'y connois : je sais beaucoup de bien de toi; Des lettres de Paris et des gens que je croi...

VALÈRE

On reçoit donc ici quelquefois des nouvelles? Les dernières, monsieur, les sqit-on?

GÉROXTE.

Qui sont-elles?

Nous est-il arrivé quelque chose d'heureux? Car, quoique loin de tout, enterré dans ces lieux. Je suis toujours sensible au bien de ma patrie. Eh bien! voyons donc, qu'est-ce? apprends-moi, je te prie..

VALÈRE, dun ton précipité.

Julie a pris Damon, non qu'elle l'aime fort; Mais il avoit Phryné, qu'elle hait à la mort. Lisidor à la fin a quitté Doralise; Elle est bien, mais, ma foi, d'une horrible bêtise; Déjà depuis long-temps cela devoit finir, Et le pauvre garçon n'y pouvoit plus tenir.

clÉon, bas à.J^aVere.

Très bien; continuez.

VALÈRE

J'oubliois de vous dire Qu'un a fait des couplets sur Lucile et Delphire : Lucile en est outrée, et ne se montre plus;

ACTK 111, SCtNK IX nS

Mais Delphire a mieux pns son parii là-dessus; Ou la trouve [Vir-Cuut safficliaut dv plus belle, Et se moquaiU du tun, |H»ur>u qu'où |>.-irle d'elle lâse a quitte le n)U^e^ et l'ou se dit tout l»as Qu'elle teroit bien mieux de quitter Licidas: Ou preleuil q« il u'est pas cttuipri> dans la réforme, Et qu elle est seulement Itegueule |>uur la forme.

G K ROX TE.

Quels diables Je pn>po!> me teuez-\ous doue là?

Quoi ï \ous ne saviez pas un mot de tout cela? On n'en dit rien ici? L'i(;norance profonde! Biais c'est, en vérité, n'érre pas de ce monde; Vous n'avez donc, OMUsieur, aucune liaison? Kh mais! où vivez-vous?

CÉRo:«TE.

Parbleu ! dans ma niai^jn , M embarrasi^int fort j>eu des intri(jues frivoles l)uu las de treluquets, d'une troupe de folles; Aux (jens que je connols iKiisiblenient l>orné. Eh ! que ni iiufiorte a moi si madafoc l*hrvné Ou madame Lucile afHchent leurs folies?

Je ne m'occupe point de telles luiniilies. Et laisse .lUX gens oisifs tous ces menus proito?. Ces puérilités, la pâture des sots.

CtRON.

à Géronti-. ) ( bas à f^'alèrr. ) .

Vous a\ez bien raison.. (.Courage.

G RRON Tl

Cher Valeic, lo.

ii4 LE MÉCHANT.

Nous avons, je le vois , la tête un peu légère ,

Et je sens que Paris ne t'a pas mal gâte;

Mais nous te guérirons de la frivolité.

Ma nièce est raisonnable , et ton amour pour elle

Va rendre à ton esprit sa forme naturelle.

c'est moi, sans me flatter, qui vous corrigei-ai De n'être au fait de rien , et je vous conterai...

GÉRONTE

Je t'en dispense.

VALÈRE

On peut vous rendre un homme aimable , Mettre votre maison sur un ton convenable , Vous donner l'air du monde au iieu des vieilles mœurs; On ne vit qu'à Paris, et l'on végète ailleurs.

CLÉ ON

{ bas à Faiere. ) ( bas à Géronte. ) Ferme!... Il est singulier.

GÉRONTE

Mais c'est de la folie.

Il faut qu'il ait...

VALÈRE

La nièce est-elle encor jolie?

(Comment eucor! Je crois quil a perdu l'esprit, l'aile est dans son printemps, chaque jour l'embellit.

VALÈRE

Klle étoit assez bien.

c L É G N , bas à Géronte.

L'éloge est assez mince.

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