SCÈNE VI
CLÉON
Que jf liens bien mou sot ! >Jais par quelle incoustauce
FI. irise senihle-t-elle é\iter in.i |>resence?
l/irapruilenle Lisette auroil-t Ile a\oue?
KJIe consent , dit-un , à marier (Ihioé.
On ne sait ce qu'on tient a*ec ces femmelettes.
Mais Je l'ai suliju[;uée... un mot, quelques tleurcttes
Me la ramèneront... ou, si je suis trahi.
J'en suis tout consolé, je me suis rejuui
SCÈNK VM.
FLOlUiE, CLI^:ON
Vous venez à propos : j'allois cher vous, madame... Mais quelle rêverie occupe donc votre ame? Qu'a\ez-v<)ns? vos beaux yeux me semblent moins sereins; Faite pour les plaisirs, auriez-vous «les chagrins?
FLORISE
J'en ai de trop réels.
CLÉO.N
Dites-les-moi, de grâce; Je les j>artagerai, si je ne les efface. Vous connoissez...
j(\o LE MÉCHANT.
FLORISE
J'ai t'ait bien des réflexions.
Et je ne trouve pas que nous nous convenions.
CLÉON
Comment, belle Florise? et quel affreux caprice Vous force à me traiter avec tant d'injustice? Quelle étoit mon erreur! Quand je vous adorois, Je me croyois aimé...
FLORISE
Je me l'imaginois; Mais je vois à présent que je me suis trompée : Par d autres sentiments mon ame est occupée; Des folles passions j'ai reconnu l'erreur, Et ma raison enfin a détrompé mou cœur.
CLÉON
^îais est-ce bien à moi que ce discours s'adresse?
A moi dont vous savez l'estime et la tendresse ,
Qui voulois à jamais tout vous sacrifier,
Qui ne voyois que vous dans l'univers entier?
Ne me confirmez pas l'arrêt que je redoute;
Tranquillisez mon cœur : vous l'éprouvez, sans doute?
FLORISE
Une autre vous auroit fait perdre votre temps , Ou vous amuseroit par 1 air des sentiments; Moi, qui ne suis point fausse...
c L É o X , à genoux , et de l'air le plus afflicjé.
Et vous pouvez, cruelle, M'aunoucer froidement cette affreuse nouvelle?
FLORISE
Il faut ne nous plus voir.