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SCÈNE XXIV. i

M™» AGATHE

Tu sais l)ien ce que tu m'a promis, Chariot?

en A R LOT.

Ehljiau! touchez là, je sis .gaii;un de parole.

JULIEN

A la franquette, monsieur le bailli. Je serai moi, mau.fjré vous, vous avez beau faire. Eh! morgue, laissez-nous en paix; je vous baillerons de bonne amitié ce que vous pourriais gagner à nous persécuter : n'est-ce pas être raisonnable?

Allons, monsieur le bailli , Julien n'a pas tort: c'est vous et moi qui l'avions tantôt jeté à l'iau; morgue, repéchons-le, qu'est-ce que ça nous routera?

LE BAILLI

Je suis trop humain pour un bailli : qu'il n'en soit plus parlé. Mais au moins...

jr LIEN.

Je ferons bian les choses, ne vous boutez pas en peine. Touche là, Julianne : avec les fiançailles de Colette j'allons faire notre remariage. Allons, palsangué, que tout le monde vianne, et que les ménétriers jouiont queuque drôlerie fjui fasse un peu trémousser ces jeunes filles.

• 38 Li; .MAKI i;i. I ii()i;\ !..

nïVi:i{TISSKMENT.

M. TOIJVENKL.

Pour céléhror les noces de Coletti;,

Folâtrons, chantons, et dansons j Qu'on fasse retoiilir les sons Du liaul-bois et <le la n(us(;tte; Et que par-tout l'éciin repèle Nos agréables chansons.

(Entrée de deux meuniers et de deux iiiniiiicres. (

Mme A G AT H t.

Les mari>i qu'on voit parmi nous, Sont marchandise bien nu':lce; Pour bien faire, il fiudroit les noyer presque lou->, Et la France, faute d'époux, N'en seroit pas moins peuplée.

(Entrée d'un meunier et d'une meunière. )

Palsangué, si j'avois fait bien, Lorsque vous caressiez ma petite meunière ,

J'aurois sur vous lâché mon chien.

Quoi! me ravir Colette, à moi, de la manière!

Ça me déplaît, ça ne vaut rien; C est, niorguenne, emj)écher le cours de la rivière :

l'argué, c'est être bien malin

De détourner l'eau d'un moulin.

(Entrée de plusieurs meuniers et laciiuicrcs. )

«IVEKTKSSI.MEN'l. iZtf

mU^ lolotte.

Je ne suis qu'une meunière; ^lais si l'amour Vouloit un jour Me ranger sous sa loi sévère, Je me rirois de son dessein , Et, pour punir ce petil téméraire, J'en ferois mon {jarde-moulin.

ENTRÉE

M. TOUVENEL.

Tu croyois, en aimant Colette, Que tu n'aurois point de rival; Mais le moulin d'une coquette Est toujours un moulin banal.

ENTRÉE

Monsieur Clitandre a bon génie, En faisant même un mauvais pas,; Il prend meunière bien jolie, Son moulin ne chômera pas.

mUb lolotte.

Avoir deux amants eu nature.

Cela se peut selon les lois; C'est tirer d'un sac deux moutures, Qu'avoir deux époux à-la-fois.

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