ACTE I, SCÈNE II. i
SCÈINE IL
M. RLANDI^EAU, M. NAQUART.
M. BLANniNEAU.
Vous voilà en grantle conlërence avec notre tabellion? Ce n'est pas moi qui vous interromps, peut-être ?
M . M A Q U A li T .
En aucune façon. Vous m'avez promis votre consentement pour ce mariage, et....
M. IlL AKDIKEA r.
Oui, je vous le donne de tout mon cœur; mais je ne vous promet» pas que mon consentement détermine ma helle-sœur à vous e'pouser. Elle est un peu folle, comme vous savez, et je m'étonne que tous les travers que vous lui counoissez ne vous corrigent pas de l'envie que vous avez d'en faire votre femme.
M. NAQUART.
C'est un vœu (\ue j'ai fait , monsieur filandineau, de rendre une femme raisonnable; et plus je la prendrai folle, plus j'aurai de mérite à réussir.
M. m, ANDINEAU.
Va plus de peine à en venir à bout. C'est uœ chose absolument impossible : ma feumie n'est
ll^C, LES ROimGF.GlSKS l)K yUALlTlv pas, à beaucoup près, si extrava{;ante que sa sœur, et toutos les tentatives que j'ai faites pour rt'{;ler son esprit cl ses manières n'ont jusqu'à présent servi de rien : je serai rrduit, je pense, pour éviter les altercations que nous avons tous les jours ensemble, à prendre le parti d'extravaguer avec elle, puisqu'il n'y a pas moyen qu'elle soit raisonnable avec moi.
M. N A QUART
Quepouvcz-vous faire de mieux? Vous avezdu
bien, vous n'avez point d'enfants; votre femme
' aime le faste, la dépense; c'est là, je crois, sa
i plus f[rande folie : laissez-la faire ; au bout du
\ compte , l'arffent n'est fait que pour s'en servir.
M. m, ANnlNEA c.
Oui, mais il y auroit un ridicule à un simple procureur du Chàtelet connne mui....
M. KAQtlART.
l'rocureur tant qu'il vous plaira; (|uaiid on I C''{î'^'^ *^" bien, il en faut jouir: il y auroil un * grand ridicule à ne le pas faire.
M. BL AN ni. NE AU.
Mais autrefois, monsieur Natjuart....
M. îiAQUART.
Autrefois, monsieur Blandineau, on se gouvernoit comme autrefois : vivons à présent comme dans le temps présent; et puisque c'est le bien
ACTK 1, SCENE II. 147
qui fait vivre, pourquoi ne pas vivre selon son bien? Ne voudricz-vous point supprimer les mouchoirs, parceque autrefois on se mouchoit sur la manche ?
M. BLA^DINEAU.
Pourquoi non ? Je suis ennemi des superfluités, je me contente du nécessaire , et je ne sache rien au monde de si beau que la simplicité du temps fiasse.
M. KAQUART.
Oui ; mais si , comme au temps passé , on vous donnoit trois sous parisia, ou deux carolus , pour des écritures que vous faites aujourd'hui payer tri)is ou quatre pistoles, cette simplicité-là vous [)lairoit-eIie, monsieur Blaudineau?
M. BLAKDIKEATI.
Oh! pour cela, non, je vous l'avoue. Ce ne sont pas nos droits que je veux simples, ce sont nos dépenses.
M. NAQUART.
Il faut régler les unes par les autres, monsieur Blandineau, à la sotte vanité près. Les manières ^ de votre femme sont très bonnes , les ridicules / que vous lui trouvez ne sont que dans votre ima- |, ;;ination ; plus vous pnîteiidrez les corriger, plus ils augmenteront ; vous la contraindrez, vous vous ferez haïr. Croyez-moi, il vaut mieux, pour vous
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et ponrollo, miip vous vmis ncf'ommoflicz à ses faiitnisies, (]»u' <le prc-tiMirlio la souinctrrc aux vAtres.
M. riLA MUNKiVr.
C'est là votre senliment, mais ce n'est pas le nricn. Que je serai ravi de vous voir le mari «te ma liplle-Sfrur la {jreffière! nous verrons si vous raisonnerez aussi de sanf; froid.
M. NAQUAIIT.
C'est un plaisir que vous aurez ; et y)uisque vous approuvez la chose, j'ein|»loierai , poin- l'a (aire réussir, des moyens dont j(^ tu; ine servirois pas sans votre aveu.
Kt qu'est-ce que c'est que ces moyens ?
M. ISAQUAnT.
Je vous lés communiquerai. La voici , proposez-lui l'affaire ; selon la réponse (pi'elle vous fera, nous ré.jrlerons les mesures que nous aurons ."i iirendre e nsciiiljli-.
M. BI. AN Dl N E A I'.
Sans adieu : je ne tarderai pas à vous rendre réponse.