ACTE III, SCÈNE II
mUc d'or F eu il.
Oui , qui nous ont surpris fort agréablement, Mais que mon père et moi n'attendions nullement.
M. DE FLORVILLE
Pas même la première? Eh quoi! mademoiselle, Ce monsieur qui d'abord m'a montré tant de zèle ÎS'est doue qu'un vovageur égaré?
.mIIc d'orfeuil.
Je le vois, Ainsi que vous, monsieur, pour la première fois.
M. DE FLORVILLE
Ce jeune homme... paroit on ne peut plus aimable. Mademoiselle.
m'Ic d'orfeuil.
Il est d'une humeur agréable; Et le premier coup d'œil , en effet, est pour lui.
M. DE FLORVILLE
Mais c'est déjà beaucoup, et sur-tout aujourd'hui...
mUc d'orfeuil.
Nous parlions des plaisirs qu'à la campagne on goûte. Vous les peignez si bien! Et moi, je vous écoute En personne qui sent tout ce que vous peignez. Ces innocents plaisirs, ailleurs trop dédaignés, Je les savoure ici : j'y vis très solitaire. Une autre trouveroit cette retraite austère; Eh bien! ma solitude a pour moi des appas.
M. DE FLORVILLE
Ah ! je le crois. D'ailleurs cela ne surprend pas. Vous vivez près d'un père et respectable et tendre : Vous faites son bonheur.
Mlle d'oRFEUIL.
Je tâche de lui rendre Les soins qu'il prit de moi dès mes plus jeunes ans; Heureuse de pouvoir, par mes soins complaisants, Ecarter loin de lui les ennuis, la tristesse. Qui suivent et souvent précèdent la vieillesse! Il aime la musique : eh bien ! chaque dessert, Monsieur, soir et matin, est suivi d'un concert.
M. DE FLOR VILLE
Fort bien.
Mlle d'orFEUIL.
Je suis, de plus , sa lectrice ordinaire. Ma manière de lire a le don de lui plaire: Dou.Y emploi ! tous nos soirs sont bien vite écoules.
M. DE FLORVILLE
( lies vivement. ) { en se reprenant. )
Ah! je vous aiderai... ce soir, si vous voulez; Vous vous reposeriez...
M'Ie d'or FEU IL.
Je vous suis obligée:
Qiiajid mon père sourit, je me sens soulagée.
M. de FLORVILLE.
Mademoiselle , eh bien ! je le dirai tout bas : Car un autre en riroit; mais vous n'en rirez pas. J'ai passé quatre hivers auprès de mon aïeule ; Jamais, jamais un soir je ne la laissai seule. Je faisois sa [larlie, ensuite je lisois; Je l'écoutois sur-tout; enfin, je l'aniusois: Et moi, j'étois heureux en la voyant heureuse. Sa mémoire, à-la-fois, m'est chère et doulourouH-