ACTE 1, SCENE IV u.j
Alix plus grands des humains ils en ouvrent la route. Ulysse est donc vivant!... et Ther.>ite, sans doute! Voilà, voilà les dieux, et nous les adorons!
p YR RH us.
Pour moi, je vous l'ai dit, lassé de tant d'affronts, Je m'éloiyne à jamais d'une odieuse armée, Où la vertu rouj^it par la brigue opprimée. Scyros est pour mou cœur un séjour assez dou.x. Et toujours la patrie a des charmes pour nous. Puisse des dieux fléchis la bouté tutélaire "iGuérir les maux affreux que vous fit leur colère ! Tels sont, fils de Pœan, tels sont les justes vœux Que Pyrrhus en partant peut joindre à ses adieux
PHILOCTÉTE.
Vous partez?
PYRUHUS.
Il le faut, et mes vaisseaux n'attendent Que l'instant d'obéir aux vents qui nous commandent.
FHi loctÉte.
Ah ! par les immortels de qui tu tiens le jour, Par tout ce qui jamais fut cher à ton amour, Par les mânes d'Achille et l'ombre de ta mère, Mon fils, je t'en conjure, écoute ma prière: Ne me laisse pas seul en proie au désespoir. En proie à tou.s les maux que tes yeux peuvent voir, Cher Pyrrhus, tire-moi des lieux où ma misère M'a long-temps séparé de la nature entière. C'est te charger, hélas! d'un bien triste fardeau^ Je ne l'ignore pas; l'effort sera plus beau . De m'avoir sup{)orté. Toi seul en étois digne .,
ito PHILOCTÈTE.
Et de m'abandonner la honte est trop insigne;
Tu n'en es pas capable : il n'est que les grands cœurs
Qui sentent la pitié que l'on doit aux malheurs,
Qui sentent d'un bienfait le plaisir et la gloire.
Il sera glorieux , si tu daignes m'en croire ,
D'avoir pu me sauver de ce fatal séjour.
Jusqu'aux vallous d'OEta le trajet est d'un jour :
Jette-moi dans un coin du vaisseau qui te porte,
A la poupe, à la proue, où tu voudras, n'importe.
Je t'en conjure encore, et j'atteste les dieux :
Le mortel suppliant est sacré devant eux.
Je tombe à tes genoux, ô mon fds! je les presse
D'un effort douloureux qui coûte à ma foiblesse.
Que j'obtienne de toi la fin de mes tourments;
Accorde cette grâce à mes gémissements.
Mène-moi dans l'Eubée, ou bien dans ta patrie;
Le chemin n'est pas long à la rive chérie
Où j'ai reçu le jour, aux bords du Sperchius,
Bords charmants , et pour moi depuis long-temps perdus
Mène-moi vers Pcean : rends un fils à son père.
Et que je crains, 6 ciel! que la Parque sévère
De ses ans, loin de moi, n'ait terminé le cours!
J'ai fait plus d'une fois demander ses secours :
Mais il est mort sans doute, ou ceux de qui le zèle
Lui devoit de mon sort porter l'avis fidèle,
A peine en leur pavs, ont bien vite oublié
Les serment; qu'a voit faits leur trompeuse pitié.
Ce n'est plus qu'en toi seul que mon espoir ré.^ide ,
Sois mou libérateur; ô Pyrrhus, sois mon guide'
Considère îe sort des fragiles humains: