‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 104 sur 216 · ACTE 1, SCENE IV. i · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCENE IV. i

lu dois à tes vertus ce noble privilège; Nul n'y poita jamais une inain sacrilège ; Nul, sans craindie la mort, n'osa s'en approcher: Viens, toi seul des mortels auras pu le toucher. Allons... Ciel !.. 6 douleurs!

PYRRHUS

Quelle soudaine atteinte, Seigneur, de votre sein arraclie cette plainte?

Rien... je te suis... Ah dieiix!

PYRRHUS

Que leur demaudez-vous?

PHI r.OCTÉTE.

De nous ouvrir la route, et de veiller sur nous. Dieux!

PYRRHUS

Vous déguisez mal le trouble qui vous presse.

PHI LOCTÈTE.

Non • je reviens à moi; pardonne à ma foiblesse. Marchons... Ah! je ne puis.

PYRRHUS

Gomment?

PHILOCTETE.

H n'est plus temps De te cacher eiicor de si cruels tourments; Non : c'est trop, c'est en vain dissimuler mes peines; Le poison se répand dans mes bmlantes veines. Mon fils, avec le fer termine mes douleurs, Traiiche. tranche mps jours ., frappe, dis-jo... je meurs.

iH PHILOCTÈTE.

Je meurs à chaque instant.

p YiiAH us.

Mon ame intimidée De cet horrible état...

Tu n'en as pas l'idée.

Mais prends pitié de moi, je t'en conjure, hélas! Que l'aspect de mes maux ne te rebute pas. Ne m'abandonne point... Ma blessure fatale Produit ces noirs accès, calmés par intervalle. Je dois te l'avouer.

PYRRHUS

Ne craignez rien. Qui? moi !

Moi vous abandonner, quand vous avez ma foi! Venez, et, rappelant votre force première...

PHI loctÉte.

J'implore, mon cher fils, une grâce dernière. Le mal qui m'a surpris finit par le sommeil, Et le soulagement suit l'ins'ant du réveil. Maintenant abattu, trop foible pour te suivre, A tes soins généreux Philoctête se livre. Viens dans ma grotte, viens; je mets en ton pouvoir Ces flèches que tes yeu.x ont souhaité de voir: Mais prends garde sur-tout que la force ou l'adresse N'enlève ce dépôt qu'entre tes mains je laisse. Je perds tout, si jamais...

PYRRHUS

IN on : soyez rassuré ; Je réponds sur mes jours de ce trésor sacré.

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