‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 109 sur 216 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

Rougis (l'en abuser... au nom de tous les «lieux... Tu ne me réponds rien ! tu détournes les yeux î Je ne puis le Héchir!... O rochers! ô rivages! Vous, mes seuls compagnons, ô vous, monstres sauvages! Car je n'ai plus que vous à qui ma voix, hélas! Puisse adresser des cris que l'on n'écoute pas! Témoins accoutumés de ma plainte inutile, Voyez ce que m'a fait le fils du grand Achille. Il promet de m'ôter de ces tristes climats, Il jure qu'à mon père il conduira mes pas; Et quand il me flattoit de cette fausse joie, Le perfide! c'étoit pour me conduire à Troie! Il consoloit un cœur qu'il cherchoit à frapper. Sa main louche la mienne, et c'est pour me tromper! Il ose me ravir mes flèches homicides, Pour en faire un trophée aux insolents Atridcs! Il triomphe de moi, comme s'il m'eût dompté! Il ne s'aperçoit pas, dans ma calamité, Qu'il triomphe d'une ombre aux enfers descendue! Oh ! devant que ma force en ces lieux fût perdue, S'il m'avoit attaqué!... même tel que je suis, Ce n'est que par surprise... Ah, Pyrrhus! ah, mon fils! Souviens-toi de ton nom , reprends ton caractère , Sois semblable à toi-même, et semblable à ton père, Tu gardes le silence, et je te parle en vain... Antre qui m'as reçu, je reviens dans ton sein; J'y rentre dépouillé, privé de nourriture. Et je n'attends de toi rien que la sépulture. Tu me verras mourir : les hôtes des forêts ?«e ressentiront plus l'atteinte de mes traits-

172 PHILOCTEÏE.

Ma retraite conirc eux n'a plus rien qui m'assure; Jeu avois lait ma proie, et serai leur pâture. Et je suis donc tombé «lans ce revers affreux Pour avoir cru Pyrrlius sincère et généreux !... l.coute : jusqu'ici mon coui roux (jui balance IS'a point aux immortels demandé la vengeance. Tu fjeux changer encore et céder à mes vœux; Tremble d'y résister, crains ma voix et les dieux.

PY URHUS.

Je ne crains que mon cœui : Philoctéte, la Grèce, Les serments que j'ai laits, la pitié qui me presse... Ah! plût au ciel jamais n'a\oir quitté Scyros!

fhiloctÉte.

Abjure des desseins indignes d'un héros. Aux yeux de l'univers, aurois-tu la bassesse De tromper le malheur, d'accabler la foiblesse.' Tu n'es pas né méchant : quelque autre te conduit Par de lâches conseils je vois qu'on t'a séduit. Le crime t'entraînoit : que la vertu te guide.

p y R R H u .« Quel parti prendre, ô cicP

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