‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 143 sur 216 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

CORIOLAN

Respire, Marcius : que ton cœur satisfait S'ouvre au prochain espoir d'une juste vengeance. Mes oppresseurs , si fiers de punir l'innocence. Pensent de mes affronts triompher à loisir; Ils n'auront pas long temps à goûter ce plaisir. A leur ivresse aveugle ils sont encore en proie; M ;is le deuil va bientôt se mêler à leur joie. Ce jour que signaloit leur triomphe inhumain Va voir Coriolan la foudre dans la main : Quelques instants encore, elle part, elle éclate, Et je vais de son crime accabler Rome ingrate. Ils l'ont voulu... Mon cœur ne hait pas à demi ; Autant qu'ils le vouloient je suis leur ennemi. Je le suis... Ils verront ce que peut mon courage. S'il sait et ressentir et repousser l'outrage; Et quoi qu'il leur en coûte, ils l'auront mérité.

SCÈINE IV.

CORIOLAN, TULLUS, chefs volsques.

TULLUS

Oui, Volsques, le voilà ce Romain si vanté, Dont vous avez long-temps redouté le génie : De ses concitoyens il fuit la tyrannie. Banni de sa patrie , il la retrouve en nous.

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