ACTE III, SCENE IV
Voyons qui de nous deux lui sera plus funeste: C'est tout ce que Tullus prétend te disputer. Plût au ciel que déjà...
CO RIO LAN
Qui peut nous arrêter?
TULLUS
L'ennemi dans son camp se borne à se défendre : Il craint de nous combattre.
CORIOLAN
Et pourquoi donc l'attendre?
Vous voyez sa frayeur : sachez en profiter. Sur les remparts d'un camp n'oseriez-vous monter? Est-il à la valeur un mur inaccessible ? A l'honneur qu'on lui fait Coriolan sensible, A la victoire, amis, bride de vous guider. Quand l'ennemi nous craint, il faut tout hasarder. Le Romain dans ses chefs a peu de confiance ; Il se croira vaincu, s'il voit votre assurance. . Saisissez ce moment.
TULLUS
Eh bien ! je t'en croirai.
J'embrasse cet avis, par les dieux inspiré. Commande la moitié de nos braves cohortes, VA du camp doî Romains allons briser les portes. De ta bouillante ardeur je me sens animer.
CORIOLAxV.
Venez : puisse la main (jue vous allez armer, Versant di^ flots de sang, de ce sang que j'abhorre, Éteindre dans mon cœur la soif qui le dévore! Les dieux, les juste» dieux vont conduire mon bras:
(^est leur voix qui m'anime à frapper des ingrats
Que ces fiers ennemis, dont la chute s'apprête,
Sentent que Marcius combat à votre tête,
Et que, sur leur ruine élevant mes destins,
Le jour de mon exil soit fatal aux Romains.