M É LAME
llélas ! elle a connu mes funestes ardeurs.
Elle a vu de ce cœur la cruelle blessure;
Elle a versé sur moi les pleurs de la nature.
Promis de tout tenter pour adoucir mon sort.
Mais que me sert, hélas! un inutile effort?
Que peut-elle? Elle-même est daus la dépendance;
ya MÉLANIE.
Son éj)Oux a snr elle une entière puissance. Enfin, vous le voyez, on a marqué ce jour Pour prononcer des vœux, et des vœux sans retour. On m'impose une loi que je ne peux plus suivre : On ne s'informe pas si j'y pourrai survivre. Qu'ai-je donc fait, hélas! pour tant de cruauté?
{Elle se lève.) Et j'irois aux autels trahir la vérité 1 J'irois mentir au Dieu qui lira dans mon ame, Lui consacrer un cœur que tant d'amour enflamme! Non : j'abhorre un serment trompeur, injurieux; Ma voix s'arrêteroit en prononçant mes vœux. Avant de les former, ciel, fais que Mélanie Exhalff à tes autels sa malheureuse vie!
LE CURÉ
Écoutez, mon enfant: votre ingénuité Sans doute a droit de plaire au Dieu de la bonté. Il ne veut point de nous d'offrande involontaire. Je n'irai point non plus par un langage austère Joindre encore à vos maux un effroi douloureux, Qui, loin de les guérir, les rendroit plus affreux. Ainsi , sans m'élever contre un amour profane Que la religion dans votre état condamne, Je m'occupe avec vous de vos seuls intérêts. On m'appelle bien tard : vous savez quels projets, Pour avancer son fils, a formés votre père; Et quand on a conclu l'hymen de votre frère, Quand tout est décidé, lorsque le jour est pris Où vos engagements doivent être remplis,