ACTE II, SCÈNE VI. ii
Je dirai ce qu'en vain vous voudriez cacher. Ce qui n'a point ému votre cœur implacable; Je la retracerai cette scène effroyable , Votre fille expirante, et votre épouse en pleurs, Votre épouse à vos yeux contraignant ses douleurs , Que vous faites mourir par de lentes atteintes, Que vous assassinez en étouffant ses plaintes. J'attendrirai les cœurs, je les remplirai tous D'horreur pour un barbare et de pitié pour nous.
M. DE FAUBLAS
iVun vieillard désarmé vous bravez la foiblesse; Mais j'ai du moins un fils, et sa main vengeresse...
Qui? lui! de vos fureurs le complice odieux! Melcouri... Malheur à lui, s'il s'offroit à mes yeux!
Mine DE FAUBLAS.
Que dites-vous, Monval? quoi ! ce ton de menace...
M. DE FAfJBLAS.
Ne craignez point, madame, une impuissante audace; On peut la réprimer. Suivez-moi toutes deux.
MON VAL
Et moi jusques au bout je vous suis dans ces lieux. Dans mes justes desseins s'il faut que je succombe, Sous l'autel où je cours puisse s'ouvrir ma tombe? Que ce temple fatal où l'on nous attend tous S'écroule sur ma tête et m'écrase avec vous!
M. DE F A U BLAS
Il suffit; Hous verrons ce que vous pouvez faire. Tant de témérité recevra son salaire.
Allons...
124 MÉLANIE
MON VAL
O Mélanie!... On me l'arrache!... O ciexix, Du moins vengez mes maux; ils seront moins affreux. {Madatne de Faublas rentre avec sa fille dans [intérieur
du couvent. M. de Faublas sort dun côtéf et Monval
de l'autre. )