PROLOGUE
Le censeur de son temps, l'amour des beaux esprits, La Comédie en pleurs, et la scène déserte,
Ont perdu presque tout leur prix :
Depuis cette cruelle perte,
Les plaisirs, les jeux et les ris, Avec ce rare auteur sont presque ensevelis.
APOLLON
Il faut réparer le dommage Que le destin a fait au théâtre françois, Et tirer du tombeau quelque grand personnage.
Pour paraître encore une fois.
Plante fut, en son temps, les délices de Rome, Tel que Molière fut le charme de Paris ; Il tient ici son rang parmi les beaux esprits :
Il faut consulter ce grand homme.
Qu'on le fasse venir.
MERCURE
Certes, je suis confus Des bontés que pour moi...
APOLLON
Finissons là-dessus.
Entre des dieux tels que nous sommes, Il ne faut pas de longs discours.
Laissons les compliments aux hommes ; Ils en sont les dupes toujours.