SCÈNE VIII LISETTE, ÉRASTE, CRISPIN
LISETTE, se jetant dans le fauteuil.
Miséricorde ! ah ciel ! je me meurs : je suis morte.
ÉRASTE, à Lisette.
Qu'as-tu donc, mon enfant, à crier de la sorte ? 16 «
LISETTE
J'étouffe. Ouf, ouf, la peur m'empêche de parler,
CRISPIN, à Lisette.
Quel vertigo soudain a donc pu te troubler ? Parle donc, si tu veux.
LISETTE
Gérante...
CRISPIN
Eh bien ! Gérante...
LISETTE, se levant brusquement.
Ah ! prenez garde à moi !
CRISPIN
Veux-tu finir ton conte ?
LISETTE
Un grand fantôme noir...
ÉRASTE
Comment donc ? que dis-tu ?
LISETTE
Hélas ! mon cher monsieur, je dis ce que j'ai vu. Après avoir conduit ces messieurs dans la rue. Où la mort du bonhomme est déjà répandue. Où même le crieur a voulu, malgré moi, Faire entrer, avec lui, l'attirail d'un convoi ; De la chambre, où gisait votre oncle sans escorte. Il m'a semblé d'abord entendre ouvrir la porte ; Et, montant l'escalier, j'ai trouvé, nez pour nez. Comme un grand revenant, Géronte sur ses pieds.
CRISPIN
De la crainte d'un mort ton âme possédée T'abuse, et te fait voir un fantôme en idée.