‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 40 sur 345 · ACTE III —. SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE III —. SCÈNE VI

HECTOR

D'accord. Mais quand on perd, tout cela vous ennuie.

Le jeu rassemble tout ; il unit à la fois

Le turbulent marquis, le paisible bourgeois.

La femme du banquier, dorée et triomphante.

Coupe orgueilleusement la duchesse indigente.

Là, sans distinction, on voit aller de pair

Le laquais d'un commis avec un duc et pair ;

Et, quoi qu'un sort jaloux nous ait fait d'injustices.

De sa naissance ainsi l'on venge les caprices.

HECTOR

A ce qu'on peut juger de ce discours charmant. Vous voilà donc en grâce avec l'argent comptant. Tant mieux. Pour se conduire en bonne politique Il faudrait retirer le portrait d'Angélique.

VALÈRE

Nous verrons.

HECTOR

Vous savez...

VALÈRE

Je dois jouer tantôt.

HECTOR

Tirez-en mille écus.

VALÈRE

Oh ! non, c'est un dépôt...

Pour mettre quelque chose à l'abri des orages. S'il vous plaisait du moins de me payer mes gages.

VALÈRE

Quoi ! je te dois ?

HECTOR

Depuis que je suis avec vous, Je n'ai pas, en cinq ans, encor reçu cinq sous.

VALÈRE

Mon père te paiera ; l'article est au mémoire,

HECTOR

Votre père ? Ah ! monsieur, c'est une mer à boire. Son argent n'a point cours, quoiqu'il soit bien de poids

VALÈRE

Va, j'examinerai ton compte une autre fois. J'entends venir quelqu'im.

HECTOR

Je vois votre sellière.

Elle a flairé l'argent.

VALÈRE, mettant promptement son argent dans sa poche.

Il faut nous en défaire.

HECTOR

Et monsieur Galonier, votre honnête tailleur.

Quel contretemps !

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