ACTE I — SCENE II
STRABON
Mais, raillerie à part, achète mon office ; Tu pourrais dès ce jour entrer en exercice : J'en ferai bon marché.
THALER
C'est bien l'argent, ma foi.
Qui nous arrêterait ! J'ai, si je veux, de quoi Faire aller un carrosse et rouler à mon aise.
STRABON
Et comment as-tu fait cela, ne te déplaise ?
THALER
Comment ? Je le sais bien, il suffit.
Mais encor ; Aurais-tu par hasard trouvé quelque trésor ?
THALER
Que sait -on ?
STRABON
Un trésor ! en quel lieu peut-il être ? Dis-moi.
THALER
Bon ! quelque sot !... Vous jaseriez peut-être?
STRABON
Non, ma foi.
THALER
Votre foi ?
Si.
STRABON
Je veux être un maraud.
148 DÉMOCRITE
THALER
Vous me promettez ?...
Est-il loin d'ici ?
Parle donc au plus tôt.
THALER, tirant un riche bracelet.
Non ; le voilà dans ma poche.
STRABON, à part.
Le coquin dans le bois a volé quelque coche.
A Thaler.
Juste ciel ! d'où te vient ce bijou plein de feu ?
THALER
De notre femme.
STRABON
Ah ! ah ! de ta femme ? A quel jeu L'a-t-elle donc gagné ?
THALER
Bon ! est-ce mon affaire ?