‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 85 sur 345 · ACTE I — SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I — SCÈNE III

Cela se voit assez : mais pour moi, sans scrupule. Je veux le définir animal ridicule.

STRABON, à Thaler.

Ce début n'est pas mal.

DÉMOCRITE, à part.

Il est, à tout moment, La dupe de lui-même et de son changement : Il aime, il hait, il craint, il espère, il projette. Il condamne, il approuve, il rit, il s'inquiète ; Il se fâche, il s'apaise, il évite, il poursuit ; Il veut, il se repent, il élève, il détruit. Plus léger que le vent, plus inconstant que l'onde, Il se croit, en effet, le plus sage du monde : Il est sot, orgueilleux, ignorant, inégal. Je puis rire, je crois, d'un pareil animal.

STR.-\BON', à Démocrite.

Dans ce panégyrique où votre esprit s'aiguise, La femme, s'il vous plaît, n'est-elle pas comprise ?

DÉMOCRITE

Oui, sans doute.

STRABON

En ce cas, je suis de votre avis.

DÉMOCRITE, à Thaler.

Ah ! vous voilà, bonhomme ! où donc est Criséis ?

THALER

Je l'attendais ici ; j'en ai le cœur en peine : Elle s'est amusée au bord de la fontaine. Elle tarde, et cela commence à me fâcher. Elle viendra bientôt, car je vais la chercher.

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