‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 86 sur 345 · DÉMOCRITE, STRABON · texte numérisé non relu

DÉMOCRITE, STRABON

STRABON

Nous sommes, dans ces lieux, à l'abri des visites Des sots écomifleurs et des froids parasites ; Car je ne pense pas que nul d'entre eux jamais Y puisse être attiié par l'odeur de nos mets. Voudriez-vous tâter, dans cette conjoncture, D'un repas apprêté par la seule nature ?

Il tire son dîner.

DÉMOCRITE

Toujours boire et manger ! carnassier animal. C'est bien fait ; suis toujours ton appétit brutal. Le corps, ce poids honteux, où l'âme est asservie, T'occupera-t-il seul le reste de ta vie ?

STRABON

Quand je nourris le corps, l'esprit s'en porte mieux.

DÉMOCRITE

Âme stupide et grasse !

STRABON

Elle est grasse à vos yeux ; Mais mon corps, en revanche, est maigre, dont j'enrage. Je suis las à la fin de tout ce badinage ; Et si vous ne quittez les lieux où nous voilà. Je serai bien contraint, moi, de vous planter là. Je suis un parchemin ; mon corps est diaphane.

DÉMOCRITE

Va, fuis de devant moi ; retire-toi, profane. Puisque ton cœur est plein de sentmients si bas :

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