ACTE IV, SCÈNE I. i
V'.i (les fruits qu'elle laisse à la patrie entière. Dans le sein l'un de l'autre épanchons à loisir Ces délices du cœur, ces larmes de jdaisir ()u'api es le beau succès de leurs efforts suprêmes Fiépandent les vertus contentes d'elles-mêmes.
A u R È L E , se jetant dans les bras de son père. Ah ! que , né d'un tel père , un fils s'en applaudit ! Mon anie entre vos bras s'enflamme et s'agrandit : Voilà comme aux vertus guidant mes pas dociles, Vous saviez m'aplanir leurs sentiers difficiles! J'ai vu leur front sévère avec vous s'embellir : Vous prêtiez au devoir les charmes du plaisir. Dieu, qui place ma mort si près de ma naissance, Vous donne de vos soins la digtie récompense. Que me desiriez-vous après les plus longs jours? Qu'une fin glorieuse en terminât le cours : Plus que le champ de Mars votre échafaud m'illustre,
( aux autres bourgeois. ) Oui, son opprobre, amis, nous donne un plus beau lustre: Aux victimes d'état qui livrent leur grand cœur Ce théâtre de honte est l'autel de l'honneur.
SAINT-PIERRE, lui montrant les bourgeois. Ah ! j'y crois voir leur sang , le tien , qui se confondent! A tes derniers sanglots mes entrailles répondent,
( à Amblétuse , en montrant Aurele. ) Avois-je, en l'élevant dans l'espoir le plus beau, Formé tant de vertus pour le fer d'un bourreau?
( avec chaleur , à tous les autres bourgeois. ) Vous qui me connoissez, pardonnez ce murmure; On pleure sa victoire en domptant la nature:
i4^ LE SÏÉGE DE CALAIS.
Jamais un cœur français ne la peut étouffer, Mais il en est plus grand d'oser eu triompher. Dans ces combats affreux tout son sang se soulève ; Jl marche au sacrifice, il frémit... et l'achève.