A IJ R É L E
Me contraint à le suivre.
Il A R COURT.
Malheureux! Mais 1105 jours sont le bien de l'état.
Vivez donc en héros; moi, je meurs en soldat. Les besoins de l'état demandent un grand homme : La France vous regarde, et la gloire vous nomme.
SAINT-PIERRE
(« Harcourt.) Mon fils, mon digne fils! Calmez ces vains transports. L'aveugle désespoir égare vos remords , Seigneur... Lh ! se peut-il que voire ame séduite Pense qu'envers mon roi votre mort vous acquitte? Vous, devenu coupable envers l'état et lui , Pour les a\oir privés de leur plus ferme appui , Vous vous perdez encore , inutile victime ! Ah ! loin de réparer, c'est consommer le crime. Allez sauver la France, et, d'une heureuse main. Retirer tous les traits dont vous perciez son sein. Que je rende , en mourant , à cette auguste mère Le plus grand de ses fils et le plus nécessaire ! De nos jeunes Français l'imprudente chaleur Des vertus du guerrier n'a plus que la valeur ; Vous seul, creusant eiicor l'art profond de la guerre. Nous réglez d'un coup d'œil les destins de la terre ;
t6o le siège de calais.
Par une longue étude et tl'assidus travaux, Vos talents ont surpris le secret des héros. Ramenez dans nos camps cette noble science , L'ame du vrai courage et l'œil de la prudence ; Cet art qu'apprit de vous notre injuste vainqueur. Allez, que mon pays vous doive sou bonheur ; Je vous mets dans les bras de la France affligée ; Expirez digne d'elle après l'avoir vengée.
HARCOURT
Ah! peut-elle jamais me confier son sort?
SCÈ>E IX.
L'OFFICIER, GARDES, HARCOURT, SAINT-PIEr.RE, AURÈLE, AMBLÉTUSE, ET les trois autres
bourgeois.
l'officier.
( à Harcoitrt. ) ( mondant les bourgeois. )
Seigneur, l'ordre est venu. Je les mène à la mort.
HARCorRT, à Saint-Pierre et à son fils. Vous triomphez, cruels! Votre affreuse constance Me ravit sans retour ma dernière espérance. Mais, avant votre mort, venez voir mon trépas.
( // sort furieux. )