‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 122 sur 325 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

EDOUARD, MAUNI, gardes.

EDOUARD

J'ai pesé vos raisons; j'en conçois l'importance : Souvent la politique invite à la clémence. J'excuse dans Harcourt une aveugle chaleur, Premier, emportement de l'e-xtrême douleur. Sans vous par son orgueil ma colère allumée L'eût dépouillé du rang de chel:" de mon armée. Le peuple de Calais, dans mon camp retenu, Peut-être par mes soins va m'être ici rendu. Je ne puis trop tenter pour fléchir sa constance, Et je sens qu'il y va du trône de la France. Ces superbes vaincus , échappés à mes lois , Iroient par-tout apprendre à rejeter mes droits. Sur ce maire employons mon heureuse industrie. Je connois le vulgaire; il chérit peu sa vie Lorsqu'en un sort obscur il la voit consumer : Mais , s'il peut être grand, il commence à l'aimer. Je sais ses préjugés et l'art de les détruire. Tel brave les tourments, qu'un bienfait peut séduire; Et les rois ont toujours un charme impérieux

LE SIÈGE DE CALAIS. i63

Sur ces derniers humains., nés et nourris loin freux. Ce maire a vu de près l'aiipareil du supplice, Qu'il vienne en ce moment.

Je doute qu il fléchisse.

O mon roi ' si son cœur résiste à vos efforts, Nous êtes grand, mais 6er : redoutez vos trausporis. (// sort en faisant entrer Saint-Pierre.)

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