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ACTE II, SCÈNE I. noi

Voudra permettre encor la clémence à Nemours? Ah ! pour vous faire un droit à leur bonté suprême. Abjurez vos fureurs. Avouons-les nous même. Il n'est point de pardon que ne puisse obtenir L'amour mêlant ses pleurs à ceux du repentir.

A VOG AR E.

Qui? moi ! sacrifier à ton indigne flamme

Le plaisir de venger et mon fils et ma femme?

N'as-tu pas vu ton frère, en ce même palais,

Expirer à tes pieds sous les coups des Français?

Là mes bras ont pressé les restes effrovables

De son corps déchiré par leurs lances coupables;

Sa main serra ma main pour la dernière fois :

Les accents étouffés de sa plaintive voix

Ne purent que nommer la vengeance et son père.

Je la jurai sur lui, sur sa mourante mère :

Sa mère, en s'immolant près d'un fils malheureux,

Invitoit ma douleur à les suivre tous deux.

Ta barbare tendresse arrêta ma furie;

Va, c'est pour me venger que j'ai souffert la vie.

Va, tu sais que mon cœur pour haïr les Français

N'aioit pas attendu tous les maux qu'ils m'ont faits. .

Pour fruit de leurs dédains recueillant notre haine.

Tout les abhorre ici. Leur nation hautaine

Nous croit nés pour servir sous vingt tyrans divers,

Et trop heureux encor de préférer ses fers.

En vengeant ma maison j'affranchis ma patrie.

Le ciel pour les Français n'a point fait l'Italie :

De quel droit venoient-ils, du fond de leurs états.

Porter dans mes foyers le deuil et le trépas?

Du moius qne, leurs malheurs consolant ma misère,

Ce jour soit le dernier pour leur armée entière;

Que clans toute la France on voie avec effroi

Des pères désolés qui pleurent comme moi.

EUPHÉMIE

Dans quel égarement la fureur vous engage !

Des aïeux de Louis Milan fut l'héritage;

La naissance nous place au rang de ses sujets,

Et nous fait partager ce grand nom de Français.

A votre souverain cessez d^être infidèle ;

Gloire, intérêt, devoir, vers lui tout vous rappelle.

Ah ! remplacez le fils que vous avez perdu

Par un fils plus illustre et plus grand en vertu ;

Qui , portant avec moi votre sang sur le trône,

Fait rejaillir sur vous l'éclat de sa couronne.

Nemours met à vos pieds un sceptre glorieux,

Où n'osoit s'élever votre œil ambitieux ;

Et vous, prêt à frapper son cœur qui vous révère.

Vous aimez mieux vous voir son bourreau que son père !

AVOGARE.

Crois-tu que ma raison embrasse imprudemment

Ce fantôme de gloire offert à ton amant?

Que dans Naplss jamais il garde la couronne

D'un peuple qui la brise aussitôt qu'il la donne?

Nemours est-il plus grand, plus puissant, plus heureux

Que Charle et que Louis » qu'on en priva tous deux?

S'il se voit à son tour chassé de l'Italie ,

Il faudra donc le suivre; et, loin de ma patrie,

Traîner de mes vieux ans le reste infortuné ,

D'un prince sans états courtisan dédaigné?

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