‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 212 sur 325 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

D. P È D R E , F E R N A N D , g a r d es en dehors.]

FER iN AND, retenant don Pèdre.

Quel transport violent!

Il ne la ravit point; il çeste en votre camp. Calmez- vous, demeurez.

D. PÉDRE.

Oui, dévorons ma rage.

[se tournant vers la porte par ou Edouard est sorti.) Tes bienfaits à mes yeux sont ton premier oufrage. Qu'ils sont avilissants ces droits d'un bienfaiteur!

(se promenant avec fureur. ) -Mais que , dans ma cour même, on soit mon protecteur, Mon arbitre, mon juge!... Et dans quel temps encore! Penses-tu qu aujourd hui ma foiblesse t'implore? Non, non, je ne suis point dans cet état honteux Où j'allai mendier ton secours orgueilleux. Le Navarrois, le Maure, armés pour ma défense. Avec nwins de hauteur n'ont pas moins de puissance. Qu'ai-jc à craindre de toi , mortel audacieux? Sur le bruit de ton nom tu reviens en ces lieux, Seul, sans cour, sans armée, avec ta foible garde : Et tu crois m'imposer! et ton orgueil hasarde D'abuser des vains droits d'un service passé! Tu ne peux plus m'en rendre, et tout est effacé. Tu céderas Bourbon, ou cesseras de vivre. Va, j'empêcherai bien que ton choix ne la livre

2;.ji i'IEllRE LE CRUEL.

A celui des humains que j'abhorre le plus.

Ce frère qui m'ôta , par ses fausses vertus ,

Les cœurs de mes sujets, mes trésors, mon empire,

^'aura jamais du moins une épouse où j'aspire;

Et je préférerai, com^me un sort moins fatal,

La m ort de ce que j'aime , au bonheur d'un rival.

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