ISAURE, MONLAC, GABRIELLE, COUCY
GABRIELLE
( à Isaure, avec tratispott. ) ( à Monlac. )
Chère Isaure... Ah! Monlac, sais-tu notre bonheur?
MONLAC.
Oui, madame, et déjà...
GABRIELLE, à Isaure, en montrant Coucy.
Le voilà mon vainqueur.
L'honneur des chevaliers, l'idole de la France!
COUCY
J'ai tout fait pour l'amour: est-il ma récompense? L'amante qu'enchaînoit le plus tendre lien...
GABRIELLE, l'interrompant très vivement.
N'a d'ame que ton ame , et d'être que le tien. Je renais avec toi dans ce jour plein de charmes; Et mes yeux épuisés trouvent encor des larmes , Mais des larmes de joie, et de ces pleurs heureux Que depuis si long-temps nous ignorions tous deux. Mon cœur, séché d'ennuis, flétri par la tristesse. S'épanouit enfin dau«s sa pure allégresse. Apprends que de ce cœur rien ne put t'arracher. Le temps serra nos nœuds, loin de les relâcher : Mes chagrins conservoient cette empreinte si tendre Que sur le désespoir l'amour seul sait répandre. Ta perte , ton retour, ce prodige nouveau D'un cœur qui se donnoit au-delà du tombeau,