ACTE 111, SCKNE VI
Tout à mes yeux charmés te rend plus cher encore; Plus que je ne t'aimois je sens que je t'adore!... ( à part, avec la plus qrande
indignation contre ctlc-mêinc. ) (« Coucy. )
Que dis-je?... Ah! malheureuse!... Et vous cruel! et vous, Qui savez que je suis sous les lois d'un époux, S'il ne vous reste plus, comme j'aime à le croire, De projets ni de vœux indignes de ma gloire , Pourquoi devant mes yeux vous venez-vous offrir? Ingrat! de mes douleurs cherchiez- vous à jouir. Trop sûr qu'en vous voyant mille atteintes nouvelles Rouvriroieut de mon coeur les blessures mortelles? cou G Y.
Moi ! jouir de vos pleurs, ou trahir vos vertus?
Gabrielle, grand Dieu! ne me connoît donc plus?
Elle apprend de Fayel à devenir injuste.
Va , mon cœur est encor le sanctuaire auguste
Oîi brûla pour toi seule un feu toujours sacré ,
Aussi pur que l'objet qui l'avoit inspiré.
Née avec ma vertu , non moins durable qu'elle.
Comme mon ame, enfin , ma flamme est immortelle.
Mais sachez que je viens pour vous sacrifier
Tous les vœux... Votre aspect me fait tout oublier!
Je sens plus que jamais dans mes veines brûlantes
S'irriter de l'amour les fureurs dévorantes...
Je suis près de l'objet dont je fus adoré,
O rage ! et sans espoir, je m'en vois séparé ! ( à Gabrielle. )
A d'inhdéles nœuds votre devoir vous livre ;
4o8 GABRIELLE DE VERGY.
Au jour de votre hymen j'ai dû cesser de vivre...
( à part , avec la plus ij rende fureur. ) Que ne m'écra^iez-vous, murs de Ptolëmjjïs, Avec tant de chrétiens mourants sous vos débris! Hélas! cl^s malheureux chérissoient tous la vie; Je la hais, c'est à moi qu'elle n'est point ravie!
GABRIELLE
ÏModérez donc, cruel! ces ardentes fureurs. Et, par pitié pour moi, commandez à vos pleurs. Mais dites-moi , du moins, quel sujet vous amène. Et qui vous a sauvé d'une mort si prochaine?
coucy.
Vous , madame... Oui, vous-même; et je ne dois le jour Qu'à ces tendres vertus que m'enseigna l'amour. Lorsque l'allier Bichard, plein de ce fanatisme Dont la férocité dégrade l'héroïsme, Égorgeoit ses captifs au nom de notre foi, Je suivis vos leçons, je sauvai ceux du roi. Je réclamai pour eux la loi constante et pui-e Que la religion reçoit de la nature.
Ma clémence eut bientôt son prix inespéré. Sans défense, à mon tour, aux Sarrasins livré, Mon aspect attendrit leut- cruauté sauvage; Mon nom fut mon rempart au milieu du carnage. Porté près du sultan, qui prit soin de mes jours. Je me \is prodiguer l'utile et prompt secours De cet art qui commande à l'ame fugitive. Art négligé par nous, que l'Arabe cultive.
( vivement. ) Ranimé par ses soins, je me dis, en secret,