‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 313 sur 325 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

GABRIELLE, seule, assise près de la tahle, sur laquelle il y a une lampe.

Ah! que ma dernière heure est douloureuse et lente!.

[considérant le cachot où elle se trouve.) Voici donc mon sépulcre! On m'y plonge vivante! O suprême justice! après tant de rigueur, Daignez juger vous-même entre vous et mon cœur. Hélas ! un coeur sensible est un présent céleste , Pourquoi de tous vos dons est-il le plus funeste? Tant de traits dont le mien s'est senti déchirer, Quel crime volontaire a pu les attirer? Est-il dans l'univers une ame infortunée Qui vovant mes malheurs |>iaignit sa destinée? Mais on ne m'apprend rien de ce combat cruel. Ou vainqueur, ou vaincu, je crains tout de Fayel ; Sans doute il me réserve à <juelque horreur secrète .

( avec vivacité. ) Raoul est en danijer, et mon sort m'in(|uiètc!

4jS gabrillle de vergy.

Raoul, les Sarrasins ont épuisé ton Hanc; Comment défend lois-tu les restes de ton sang? De tes bras affoiblis à peine as-tu l'usage, Tes lanf^uissantes mains vont trahir ton courar^e... Que fais-je? O mon époux ! pleine d'un lâche effroi Mon ame formeroit quelques voeux contre toi !

( Elle se lève. ) Non: fais-moi périr seule; et, par mes justes peines, Taris avec mon sang la source de vos haines. Gardez tous deux vos coups aux rivaux des Français; Laissez ce faux honneur, le père des forfaits. Eh ! pour qui bravez-vous l'humanité trahie? Est-ce à moi de coûter un fils à la patrie?...

{voyant paraître Albéric. ) On m'apporte la mort, mes destins sont trop doux.

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