GUAND-PRÉTRE, ANTÉNOR, POLYDORE
ZELMl RE, ÉM A, PEU P LES, SOLDATS THR ACES . ET LESBI ENS.
RiiAMNÈs, prenant des mains d'un prêtre l'urne qui
contient les cendres dAzor.
Voici l'urne d'Azor.
( // la remet au prêtre. )
POLYDORE, à part, avec véhémence, en regardant
l'urne et le tombeau.
Chère et terrible cendre!
Avant qu'on te dépose eu ce fatal tombeau, Ranime-toi, mon fils, et nomme ton bourreau.
A N T É N o n , « Rham)iès.
Rhamnès, c'est trop souffrir leur audace insensée. Prenez le glaive saint : cette cendre offensée Vous demande le sang qui la doit arroser, Et qu'Azor aux enfers attend pour s'apaiser. RHAMNÈS, au peuple, en prenant le glaive que It grand-prêtre lui présente.
Oui, peuple, il faut remplir ce sanglant ministère, Qu'un devoir glorieux, un usage sévère, Votre choix, mes serments, imposent à ma foi... ( // lève le bras sur Polydore, tandis gue Zelmire, qui veu t se jeter entre eux deux^ est arrêtée par des solda Is; et, tout-à-couf> , il se retourne du côté dAnténor, et lefrappe, en lui adressant ces mots:) Exécrable assassin, tombe aux pieds de ton roi.
antÉ.nor, tombant dans les bras d'un Tlirace. Traître !
[Les peuples , les soldats thraces et lesbiens, font un mouvement pour se jeter sur Rhamnès ; mais ils s'arrêtent en voyant que les prêtres leur tendent les bras , et nue Rhamnes tire un papier et le montre déployé. Le soldat tlirace du second acte retient les autres soldats de sa nation. ) RHAMNÈS, aux prêtres, en leur montrant Anténor.
^Ministres saints, voilà le vrai coupable; [montrant le papier) Et voilà du forfait le garant redoutable.
ZELMIRE, éperdue de joie , à Polydnre.
Mon père, qui l'eût dit? en croirai-je mes yeux?
POLYDORE
( à Rhamnès.) Ma fille!... Ah! cher Rhamnès!
ANTÉNOR, à part.
J'expire... Il est des dieu
Tu les connois enfin? ta mort les justifie:
Ils ont eu trop long-temps à rougir de ta vie.
Meurs avec le regret, la honte, la fureur
De voir poi'ter le jour dans l'enfer de ton cœur...
( On emporte Anténoi