ACTE I, SCENE II
LE CHEVALIER
Arrive au fort de cette crise.
Madame prend d'abord un air d'aménité.
Le fat , qui me salue et me voit agité. N'en est pas inquiet, et vole a la marquise. On l'invite avec grâce à s'asseoir près de soi; On lui laisse une main à lui seul présentée; ^ladame est obéie, embrassée, exaltée.
Admirée, encensée, et le tout devant moi , Devant moi tout tremblant, et l'ame consternée. Appuyé comme un sot devant la cheminée, Dans un silence morne, un stupide embarras. Ne sachant où poser mes jambes ni mes bras.
La patience à la fin m'abandonne; Je pars, en renversant, brisant tout sous mes pas... Et tu veux que mou cœur sottement lui pardonne!
PASQUIN
Après sa porcelaine et ses meubles à bas. Madame seule a tort, et la querelle est bonne.
LE CHEVALIER
Tu vois, Marthon, tu vois très clairement Que c'est à ce Valsain que l'on me sacrifie.
MARTHON.
Cela n'est pas douteux : son ton léger, charmant...
LE CHEVALIER
Ne tiendra pas , je te le certifie, Coutre mon désespoir et mou ressentiment.
MARTHON.
Oubliez-vous déjà que vous montez en chaise,
igo LE JALOUX.
Que vos adieux sont faits?
LE CHEVALIER, étoiuié de la réflexion de Maithon. Non, je demeurerai , (niiec ironie et méfiance. ) Si vous le trouvez bon.
MARTHON.
Ah! monsieur, à votre aise, Partez ou demeurez.
LE CAEVALIER.
Et je m'éclaircirai.
Ils seroient trop heureux, si je quittois la place.
MARTHON.
Cela s'appelleroit fuir devant l'ennemi.
Point de quartier; courage, et voite-i^ace; Chassez, dispersez tout, et restez seul ici.
LE CHEVALIER
Oui, je ne nierai pas l'excès de ma foiblesse ;
Mais tout mon crime vient d'aimer trop ta maîtresse.
PASQUIN
Aimez-la moins, monsieur, et vous l'aimerez mieux.