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ACTE II, SCÈNE II. aoS

VA L SAIN

Oh ! bon , quelle folie !

Devant une femme jolie L'éloge de toute autre est un trait d'écolier. LA MARQUISE, toujours mêmes motifs, tâchant de

fixer l'attention de Valsain.

Distinguez mieux les gens. On dit qu'elle est charmante, Vive, enjouée , aimant l'éclat, le bruit,

Et beaucoup mieux sous votre habit Que sous le nôtre.

VALSAIN.

Ah ! vous êtes méchante.

LA MARQUISE

Le baron me l'a peinte à l'instant sous ces traits. Eh quoi! vous rougissez?

VALSAIN.

Je ne rougis jam£us.

LA MARQUISE

Vous n'en êtes plus là... Mais, Valsain, votre belle Complètement en ces lieux s'ennuiera.

VALSAIN.

Reposez-vous entièrement sur elle :

Avant ce temps ma belle partira.

LA MARQUISE

Mais ne craignez-vous pas qu'ici l'on vous l'enlève? Tenez, le chevalier...

LE en EVALIER, «fun air embarrassé, comme un homme qui ne s'attend pas qu'on va lui adresser ta parole.

Quoi, madame '•■

2o6 "LE JALOUX,

LA >iARQUiSE,à Valsain.

Il y rêve.

( au chevalier.) Que cet air ennuyé vous rend bien ennuyeux!

VALSAIN, à part.

L'état où je les vois est vraiment trop risible. ( haut.) Mais je m'enfuis; je suis un homme horrible; Je joue à notre ami, peut-être à tous les deux, Si je devine bien , un tour vraiment affreux. Mais c'est sa faute aussi , c'est la vôtre de même :

On parle aux gens tout naturellement; On leur dit : Partez donc, vous voyez bien qu'on s'aime;

Et l'on n'est pas tout je ne sais comment. Que diantre! on a du monde, et l'on n'est pas étrange; On sait vivre, on se prête, et tout enfin s'arrange.

LA MARQUISE, avec dignitéet humeur.

Mais savez-vous, Valsain, que je me fâcherai?

VALSAIN, S enfuyant.

Ah ! ne vous fâchez pas , car je demeurerai.

[Il sort.)

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