‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 159 sur 208 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

LE CHKVALIKR, .MARTHON.

MARTHOX, entiaut la jircmière , au chevalier qui la poursuit.

Mais où donc allez-vous?

LE CHEVALIER

Je cherche ta maîtresse.

Il taut que je lui parle, il le Faut, l'instant presse.

MA RTHON.

Eh ! laissez-nous, monsieur, respirer en ce lieu ; Vous savez que souvent madame .s'y retire, Et veut y rester seule. Adieu.

LE CHEVALIER

J'ai des secrets ùnportants à lui dire: La comtesse... est... un homme.

a3a LE JALOUX.

MARTHON.

Un tort joli dragon.

LE CH EVALIER.

Je ne plaisante pas, Marthon.

MARTHON.

Le moyen de prendre le change ! Mais craignez les dangers d'une méprise étrange. Je sais que ses façons , ses propos, son maintien. Sont ceux d'un cavalier ; mais en la fixant bien...

LE CHEVALIER

Mais, en la jugeant mieux, c'est Florimon lui-même;

C'est mon comte, te dis-je, et le fait est certain.

Je conviens avec toi qu'il a l'air féminin ;

Mais cet air, il le doit à sa jeunesse extrême ;

Et c'est sur ce même air, Marthon, qu'il a compté Pour déguiser des complots téméraires ;

Il a même repris ses habits ordinaires,

Pour n'avoir pas en femme un maintien emprunté :

Et tantôt son audace et sa témérité

N'en ont pas fait mystère à la société.

Pour nous en imposer sur sa propre personne.

Il paroît un instant sous l'habit d'amazone ;

Mais trouvant, nous dit-il, cet habit trop gênant,

Disant qu'il a perdu l'habitude des jupes,

Qu'il est embarrassé dans un cercle mouvant.

Il prend un habit d'homme, et nous fait tous ses dupes;

Excepté moi pourtant, dont l'œil moins prévenu

D'une pareille erreur reconnoît la méj)rise :

Mais pour la compagnie , au moins pour la marquise,

L'illusion demeure , et l'homme est méconnu.

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