‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 160 sur 208 · ACTE 111, SCENE · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCENE

MARTHON.

Ce raisoiiiieiuent-là n'est pas inconcevable.

LE CHEVALI ER.

L'opinion contraire est presque insoutenable; Et j'en croirois, Marthou , même au défaut des faits Qui d'un complot affreux nous dévoilent la trame, Le trouble intérieur, les mouvements secrets Que d'abord sa présence a fait naître en mon ame. Eh mais! tiens, j'oubliois dans mon émotion Un trait qui porte en soi pleine conviction. Je te quittois tantôt, rempli d'impatience De joindre la marquise et sa société.

Le bruit m'attire ou l'on s'est arrêté; Et tout au beau milieu d'un cercle qui l'encense, J'aperçois la comtesse, un fleuret à la main ,

Faisant assaut avec Valsain,

Et le poussant à toute outrance.

Le fer brille et se croise , et d'un seul coup de fouet,

Notre adroite et leste guerrière.

Aux bravos redoublés de l'assemblée entière. De la main de Valsain fait sauter le fleuret. Je ne parta|;e pas la joie universelle ; Et, pressé de parler, je réponds sur cela Qu'elle se bat fort bien , mais que ce talent-là

N'est pas trop fait pour une belle.

M A RTHO.N.

Assurément.

LE CH EVALI ER

On rit de ma sincérité :

Fière de sa dextérité.

a34 LE JALOUX.

Et sans doute en faisant son mérite suprême, Notre comtesse en plaisante elle-même.

Ma cervelle s'échauffe , et sans ménagement. Je traite cette femme , au moins très singulière. C'est l'effet que produit ce brusque emportement Qui jette sur son sexe uue pleine lumière: Il devoit offenser la femme la moins fière ; Il ne fait qu'égayer, réjouir celle-ci.

Qui me répond compliment pour injure, Me jette des regards dont je suis étourdi , Me cajole, m'agace , et rit de l'aventure : Conduite inexplicable, il faut en convenir. Et qu'un homme peut seul effrontément tenir... Mais j'aperçois Valsain.

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