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ACTE n, SCENE III. io

JUSTIN

Vous êtes trop bon, monsieur Verner : nous ne voulons pas de votre argent ; gardez vos ducats. Vous pourrez aussi reprendre la somme que vous avez dt-ja ])rie mon maître de vous conserver ; car il m'a chargé de vous dire de venir l'en débarrasser.

VEBNER.

Le major a donc de l'argent?

J f s T I >• Non.

Et de quoi vivez-vous?

JUSTIN

Des débris de notre fortune.

VERNER

Et il refuse de garder mon argent dans une paieille détresse?

JUSTIN

Oui; et il vient de me traiter très durement, parceque je lui faisois entendre, comme nous en étions convenus, qu'il pouvoit en disposer.

VERNER

Oh! nous verrons qui l'emportera.

JUSTIN

Ne l'espérez pas, monsieur Verner. Tenez, il vient de faire une action qui a achevé de me

io6 LES AMANTS GÉNÉREUX,

confondre, et qui doit vous ôter toute espérance de lui faire accepter votre petite fortune.

VERNER

Qu'est-ce que c'est?

JUSTIN

Vous connoissez bien la comtesse de Marloff ?

VERNER

Oui; c'est la veuve d'un de ses anciens camarades, une femme bien respectable et bien malheureuse, chargée d'une nombreuse famille et sans fortune.

JUSTIN

Elle sort d'ici.

VEUNER.

Son mari devoit considérablement au major.

JUSTIN

11 ne lui doit plus rien, et monsieur le major n'en est pas plus riche.

VERNER

Comment?

JUSTIN

J'étois dans un coin de l'appartement du major sans qu'il en sut rien; et j'ai été témoin de la scène la plus extraordinaire que j'aie jamais vue de ma vie : madame Marloff est entrée, lui a <ht qu'elle venoit acquitter les dettes de son mari, retirer ses billets, et le payer. Le major a nié la

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