‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 80 sur 208 · ACTE II, SCÈNE m · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE m

dette, les billets, l'a forcée de remporter son argent, et a tout déchiré dès qu'elle a été partie.

VEnSER.

Kt on persécute de pareils gens ! et des camarades, qui devToient être à ses pieds, sont assez lâches pour lui tourner le dos! Ah! il faut que je fuie ce pays-ci, Justin; il le faut absolument; car je mancjuerois à la subordination, et j attaquerois, je crois, notre colonel lui-inéme.

JUSTIN

Eh! que ne fuvez-vous du coté de la Saxe?

V E H N K li .

Je ne peux pas, mon ami. Monsieur le major y a laissé une maltresse aussi aimable que la mienne, et il ne veut pas l'aller rejoindre. Il faut bien aller se battre : mademoiselle Fanchette et la gloire, moi j«' ne reconnois que ces deux maîtresses-là. Ah! tenez, ne me rappelez pas ce souvenir; il m'afflige le cœur!

JUSTIN

Mais mademoiselle Fanchette vous aime-t-elle comme vous l'aimez?

VERSER

Je n'en sais rien, mon pauvre Justin.

JUSTIN

Comment! vous n'en savez rien?

io8 LES AMANTS GÉNÉREUX.

VERNEK.

Non. Vous m'avez vu à l'armée; je ne suis pas poltron, je braverois le diable : eh bien! je n'ai jamais eu le courage de la regarder en face, et de lui demander si elle m'aimoit.

JUSTIN

Quelle foiblesse!

VERNER

Mais je crois qu'elle m'aime ; et ce sont de ces choses qu'on laisse toujours mieux voir qu'on ne les dit.

JUSTIN

A la bonne heure. Au plaisir, monsieur Verner, je vais voir oii nous logerons la nuit prochaine.

{Il sort.)

VERNER

Eh! mais, je vous suis.

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