ACTE m, SCÈNE III. i4i
Me rendra désormais un peu plus téméraire... (Mélite, pendant fine le inarquis parle, regarde Arisle en levant les épaules ; Ariste lai fait signe de se taire.) MÉLITE, bas , à Ariste. Vous l'entendez.
A R 1 s T E , à Mélite.
Paix donc.
LE MARQUIS, bas , à Mélite.
Si c'est témérité Que de vous immoler jusqu'à ma liberté, Que de vous protester (jue mon cœur ne respire Que pour vivre à jamais sous votre aimable empire... ( Mélite veut parler, et Ariste lui fait signe de se taire.)
MÉLITE, bas, à Ariste.
Quoi!...
LE MARQUIS
Que de vous offrir et ma vie et mes biens, Et de m'unir à vous par d'éternels liens , Recevez donc enfin mes vœux et mon hommage. ( U se jette aux genoux de Mélite. ) ARISTE, à part.
Je joue ici vraiment un joli personnage!
M É L I T E , a» marijuis.
Levez-vous, finissez, ou je sors h l'instant.
LE MARQUIS
c'est donc là tout le prix d'un amour si constant?
MÉLITE, à Arisle.
Vous pouvez endurer...?
ARISTE, bas , à Mélite.
Contraijjnez-vous.; de grâce.
,^1 LE PHll.OSOPHL MAHli;.
( haut. ) Madame, j'entrevois, par tout ce c[iii se passe. Qu'il vous aime ardemment, (ju'il ne peut vous touclior; Que sa poursuite est vaine, et (ju'il devioit tâcher D'éteindre un feu qui mettant de trouble en son ame, A moins que vous n'ayez entretenu sa flamme : Auquel cas, entre nous, vous auriez très grand tort. Cela n'est-il pas vrai?
M Élite.
J'en demeure d'accord.
Si j'ai flatté monsieur de la moindre espérance, Qu'il le dise. /
ARISTE
Je sors. Peut-être ma présence L'empêche de parler librement avec vous.
M É L I T E , le retenant.
Cette discrétion excite mon courroux.
Restez. Et vous, marquis, expliquez-vous sans feindre. De cet ami commun nous n'a>ons rien à craindre : Il faut qu'il sache tout. Dites la vérité.
LE MARQUIS
i:li bien ! vous allez voir mon ingénuité.
ARISTE, se mettant entre eu.v deux.
'iaiit mieux. Pour me donner de plus sûres lumières, Dites si ses discours, ses regards, ses manières. Quand vos empressements l'obligeoient à vous voir, t)nt pu dans votre cœur exciter quelque espoir. Pour bien juger, il faut d'exactes coanoissances. Ainsi n'oubliez, pas les moindres circon.stances.