‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 131 sur 326 · LE BARON, M. PINCÉ · texte numérisé non relu

LE BARON, M. PINCÉ

LE BARON

Pouvons-nous parler ici en sûreté?

M. PINCÉ

Oui, monsieur, car l'esprit n'est pas dans sa niche. Il en est sorti, par l'issue de derrière, pour aller battre le tambour dans la cave, et dans plusieurs autres souterrains du château, qui y aboutissent. Il lui faut au moins un quart d'heure pour faire sa tournée, et il se fera entendre ici à son retour.

2o4 LE TAMBOUR NOCTURNE.

LE BARON

Autant que j'en puis juger, monsieur Pincé, il n'y a rien de répréhensible dans la conduite de ma femme. Cependant il me reste des doutes fâcheux pour un homme qui aime aussi délicatement que moi. Je veux profiter de mon déguisement, et de l'erreur où elle est , pour m'éclaircir à fond; et il est de son intérêt, comme du mien, que je ne me découvre à elle qu'après que je me serai satisfait. Comment se porte-t-elle depuis son évanouissement ?

J'ai lu quelque part , dans un bon auteur, qu'il faut qu'une veuve...

le baron, l 'interrompant.

Je vous demande des nouvelles de ma femme , et non point de cet auteur-là. Encore une fois, comment se porte-t-elle? car j'en suis fort en peine.

M. PINCÉ

Elle est assez bien remise de sa frayeur. Madame Catau l'a fort rassurée , et je lui ai fait concevoir de grandes espérances du pouvoir de votre art.

LE BARON

En effet, je suis sûr de réussir, depuis que vous avez eu l'adresse de tirer le secret de Catau. Je

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