ACTE II, SCÈNE IX
LE COMTE
Votre portrait?
MARTHON.
Oui, le mien. Eh! pourquoi non, s'il vous plaît? Il ne faut pas tapt se récrier.
M™« ARGANTE
Je suis assez comme monsieur le comte; la chose me paroît singulière.
MARTHON.
Ma foi, madame, sans vanité, on en peint tous les jours, et des plus huppées, qui ne me valent pas. ^"^Q3râ:^W^X^
ARAMiilTE.
Et qui est-ce qui a fait cette dépense-là pour vous?
MARTHON.
Un très aimable homme, qui m'aime, qui a de la délicatesse et des sentiments, et qui me recherche; et, puisqu'il faut vous le nommer, c'est Dorante.
ARAMINTE
Mon intendant?
MARTHON.
Lui-même.
M^e ARGANTE.
Le fat ! avec ses sentiments.
ARAMiNTE, brusquement.
Eh! vous nous trompez: depuis qu'il est ici, a-t-il eu le temps de vous faire peindre?
Mais ce n'est pas d'auj ourd'hui qu'il me connoît.
ARAMINTE, vivcment.
Donnez donc.
MARTHON. *
Je n'ai pas encore ouvert la boîte, mais c'est moi que vous allez voir.
{^Araminte l'ouvre; tous regardent.)
LE COMTE
Eh! je m'en doutois bien; c'est madame.
MARTHON.
Madame?... Il est vrai, et me voilà bien loin de mon compte, (à fart.) Dubois avoit raison tantôt.
ARAMINTE
( a -part) Et moi je vois clair, (à Marthon.) Par quel hasard avez-vous cru que c'étoit vous?
MARTHON.
Ma foi, madame, toute autre que moi s'y seroit trompée. Monsieur Rémi me dit que son neveu m'aime, qu'il veut nous marier ensemble; Dorante est présent, et ne dit point non; il refuse devant moi un très riche parti ; l'oncle s'en prend à moi, me dit que j'en suis cause. Ensuite vient