LISETTE, M. ORGON
M. OROON.
Eh bien ! que me veux-tu, Lisette ?
LISETTE
J'ai à vous entretenir un moment.
M. ORGON
De quoi s'agit-il ?
lis ET TE.
De vous dire l'état où sont les choses, parcequ'il est important que vous en soyez éclairci , afin que vous n'ayez point à vous plaindre de moi.
M. ORGON
Ceci est donc bien sérieux?
LISETTE
Oui , très sérieux. Vous avez consenti au déguisement de mademoiselle Silvia : moi-même je l'ai trouvé d'abord sans conséquence; mais je me suis trompée.
35o LE JEU DE L'AMOUR ET DU HASARD.
M. ORGON
Et de quelle conséquence est-il donc?
LISETTE
Monsieur, on a de la peine à se louer soi - même ; mais , malgré toutes les règles de la modestie , il faut pourtant que je vous dise que, si vous no mettez ordre à ce qui arrive , votre prétendu gendre n'aura plus de cœur à donner à mademoiselle votre fille : il est temps qu'elle se déclare, cela presse; car un jour plus tard, je n'en réponds plus.
M, ORGON
Eh! d'où vient qu'il ne voudroit plus de ma fille quand il la connoîtra ? Te défies-tu de ses charmes ?
LISETTE
Non; mais vous ne vous méfiez pas assez des miens: je vous avertis qu'ils vont leur train, et que je ne vous conseille pas de les laisser faire.
M. ORGON
Je vous en fais mes compliments , Lisette. (// n(.) Ah! ah! ah!
LISETTE
Nous y voilà : vous plaisantez, monsieur, vous vous moquez de moi ; j'en suis fâchée, car vous y serez pris.