‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 95 sur 319 · SCÈNE IX. i4l · texte numérisé non relu

SCÈNE IX. i4l

LE MARQUIS

Oui ; mais je songe à une chose : n'y auroit-il pas moyen de me sauver les deux cent mille francs? Je vous parle à cœur ouvert.

Regardez-moi dans cette occasion - ci comme un autre vous-même.

LE MARQUIS

Ah! que c'est bien dit, un autre moi-même !

LA COMTESSE

Ce qui me plait en vous , c'est votre franchise , qui est une qualité admirable. Revenons. Gomment vous sauver ces deux cent mille francs ?

LE MARQUIS

C'est que Hortense aime le chevalier. Mais , à propos , c'est votre parent.

LA COMTESSE

Oh ! parent de loin.

LE MARQUIS

Or, de cet amour qu'elle a pour lui, je conclus qu'elle ne se soucie pas de moi. Je n'ai donc qu'à faire semblant de vouloir l'épouser: elle me refusera, et je ne lui devrai plus rien; son refus me servira de quittance.

LA COMTESSE

Owi-da , vous pouvez la tenter. Ce n'est pas

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qu'il n'y ait du risque ; elle a du discernement ,

marquis.Vous supposez qu'elle vous refusera ; je

n'en sais rien : vous n'êtes pas un homme à dé*

daigner.

LE MARQUIS

Est-il vrai ?

LA COMTESSE

C'est mon sentiment.

LE MARQUIS

Vous me flattez, vous encouragez ma franchise.

LA COMTESSE

Vous encouragez ma franchise ! Eh! mais en étes-vous encore là ? Mettez-vous donc dans l'esprit que je ne demande qu'à vous obliger. Entendez-vous ? Et que cela soit dit pour toujours.

LE MARQUIS

Vous me ravissez d'espérance.

LA COMTESSE

Allons par ordre. Si Hortense alloit vous prendre au mot?

LE MARQUIS

J'espère que non. En tout cas, je lui paierois la somme, pourvu qu'auparavant la personne qui a pris mon cœur ait la bonté de me dire qu'elle veut bien de moi.

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